Ce recueil bilingue est composé d’un choix de haïkus de la revue « Ashibi » (Azalée). Fondée en 1928 au Japon, cette revue publie chaque mois les poèmes des plus grands maîtres et maîtresses du haïku contemporain. Les textes ont été réunis et traduits par Dominique Chipot qui est fondateur de l’Association pour la promotion du haïku francophone et Makoto Kemmoku qui est membre de la revue Ashibi, traducteur et professeur de littérature japonaise.
Les haïkus sont classiquement rangés par saison et sont donc proposés dans les deux langues ainsi que pour les non initiés en version phonétique, ce qui permet d’apprécier la musicalité de ces textes.
J’aimerais aussi évoquer la magnifique préface d’Olivier Adam qui a un amour profond pour le Japon (lire Le Coeur Régulier et Tokyo Limited Express dont je parlerai bientôt) et pour les haïkus dont il arrive magnifiquement à nous décrire l’essence. Sa préface est un véritable bijou de sensibilité et chaque phrase nous fait un peu plus pénétrer dans l’univers de la poésie, dans le regard au monde qu’offre le haïku.
Pour ne pas tout vous écrire ici et vous inviter à lire et relire cette sublime préface, je vous cite le dernier paragraphe :
« (Les haïkus) nous offrent ainsi cette dernière leçon de musique et d’épure : less is more. On le sait, pour qu’un son résonne, il faut du silence et de l’espace autour. Le haïku porte cette loi physique à son point d’incandescence, et célèbre les fiançailles, réputées contradictoires, de la rigueur et de l’émotion. »
Et en cette saison des cerisiers en fleurs, quelques haïkus :
Les nuages si bleus,
si clairs –
Premières fleurs de cerisier
Le ciel nuageux
alourdi
par les cerisiers en fleurs
Je ne veux pas encore vieillir –
Le tourbillon de pétales
enveloppe mon corps
Regarder en l’air
les fleurs voler
pour être heureux
Bonne lecture aux heureux bilingues et aux autres …
