Le vieil homme et son chat de Nekomaki : le temps qui passe doucement …

J’ai totalement craqué pour ce manga délicat dont les protagonistes sont un pépé de 75 ans, Daikichi, et son chat de 10 ans, Tama.

Dès les premières pages, on est plongé dans la sérénité de cette petite ville de bord de mer (ville des pépés, des mémés et des chats) dont les rues très pentues font le bonheur des chats et entretiennent la forme des habitants âgés.

C’est un manga qui procure une immense sensation de bien-être, une lecture douce et apaisante, un voyage immobile au fil des saisons. Car il fait bon vivre dans cette ville, le facteur est adorable, le voisin pêcheur est un précieux ami d’enfance, et même si Daikichi est veuf depuis quelques années, il est entouré de personnes bienveillantes, et son fils vient parfois lui rendre visite. Quant à Tama, il a promis à sa maîtresse de veiller sur son mari quand elle ne serait plus.

Les petits bonheurs quotidiens sont racontés avec tendresse et humour, et la rondeur des traits et la légèreté des aquarelles renforcent cette sensation agréable. Les couleurs sont douces et lumineuses, le papier épais et la mise en page aérée … On se sent bien dans ce livre.

Le lecteur est souvent attendri par les souvenirs de cet ancien instituteur que tout le monde appelle encore Maître. On revoit le petit garçon qui mangeait du poulpe avec son meilleur ami (plat qu’ils partagent à nouveau des décennies plus tard), l’étudiant fauché qui cuisinait du riz au petits pois (et a rencontré sa femme qui donnait du poisson grillé au chat qui venait souvent le voir). On découvre même le souvenir de la rencontre du couple avec un chaton très faible dix ans plus tôt …

Une nostalgie douce qui n’empêche pas Daikichi de mener une vie active : cuisine, ménage, marche, achats dans les boutiques, visite chez le coiffeur, conversations avec le voisinage, visite au sanctuaire … mais aussi sieste sous le kotatsu, promenade sous les cerisiers au printemps ou le long des massifs d’hortensia à la saison des pluies.

Une vie qui s’écoule doucement, une tendresse partagée entre un vieil homme et son chat, qui se taquinent, se câlinent et mangent de bons petits plats.

Je n’ai pas encore acheté les autres volumes, mais j’ai très envie de poursuivre la lecture et de marcher à côté de ce duo touchant et drôle !

Mangas et Héros shonen aux feutres : deux livres pour apprenti mangaka débutant !

Si vous avez un enfant ou un ado fan de manga dans votre entourage et qu’il veut se lancer dans le dessin, ces deux livres sont faits pour lui et feront un cadeau parfait sous le sapin !

En effet, pas besoin d’être un expert en dessin pour se lancer, il y a tout ce qu’il faut dans le livre : des calques découpables en fin d’ouvrage permettent de reproduire les modèles directement sur une feuille. Les débutants n’auront ensuite plus qu’à les mettre en couleur. Pour les plus confirmés, les modèles pourront servir de base pour s’inspirer et créer leurs prorpres personnages et décors.

Van Huy Ta, qui anime le site TVHLAND.com donne plein d’astuces et de pas à pas détaillés pour devenir un expert en colorisation de personnages et de décors.

Après une présentation du matériel nécessaire (feutres à alcool, papier lisse, crayon, feutre liner et gomme), il y a plusieurs pages consacréer aux conseils techniques (colorisation de base, création des effets d’ombre, de dégradé, d’effets spéciaux sur les cheveux, les lèvres, les yeux, motifs, trames, effet liquide, transparence etc.).

Viennent ensuite les différents modèles (à retrouver en calques à la fin du livre) : écolière, magicien, forêt, tropiques, Japonaise, guerrière, fée abeille. Pour chaque modèle, un pas à pas des différentes étapes du coloriage est fourni, avec sous chaque image coloriée un texte précis qui explique les difficultés, les détails de chaque étape et comment les réussir.

Pour le deuxième ouvrage, Héros Shonen aux feutres, le principe est exactement le même. Les personnages proposés sont Space-warrior, Goku (roi des singes), policière, ninja, Red knight (guerrière), Sentai (super héros) et Castle (chasseur).

De quoi varier les sujets et se faire plaisir en apprenant différentes techniques pour colorier comme un pro !

Une belle idée cadeau pour des heures de création !

Une femme et la guerre d’Ango Sakaguchi : nouvelles et manga troublants …

C’est un livre étrange que publient les éditions Picquier. Deux nouvelles écrites juste après la fin de la guerre : une même histoire mais sous deux regards différents, celui de l’homme et celui de la femme qui forment le couple que l’on suit dans les derniers mois de la guerre, sous les bombes à Tokyo. Puis dans le même ouvrage, en le prenant par la fin, un manga adapté de cette histoire, par une mangaka née en 1957 et qui n’a donc que des images floues de la guerre lorsqu’elle se lance dans cette aventure. Entre les recherches qu’elle mène sur cette période, le style elliptique et le ton particulier d’Ango Sakaguchi, elle mettra plusieurs années pour que son projet de manga soit finalisé.

Cette double approche est intéressante car textes et manga se complètent très bien. Lire d’abord les nouvelles, puis se plonger dans le manga est un exercice qui permet de fixer cette histoire d’amour, de fureur de vivre, d’humanité, sur notre rétine grâce aux dessins en noir et blanc, en bulles de paroles, en cases de silences, en sentiments montrés à travers les regards et les corps, en nuits noires et lumières blanches.

De quoi est-il question ? D’un homme, Nomura qui travaille chez lui sur des textes (scénario), et d’une femme, ancienne prostituée puis tenancière de bar, qui a décidé de se mettre en ménage avec lui … « puisque tout va partir à vau-l’eau » ! Il est avec elle par facilité, parce qu’il aime son corps, même si il la méprise parce qu’il n’arrive pas à la faire jouir (ayant enchaîné les rapports avec des hommes, son corps n’est plus sensible à ces choses). Elle a une forte haine en elle, qu’elle porte depuis l’enfance, son abandon par ses parents. Elle aime les bombardements nocturnes. Est-ce parce qu’ils la font se sentir plus vivante, ou parce qu’ils détruisent tout ce qu’elle hait …

Dans ce couple étrange, il y a les actes, les paroles, mais aussi tout ce qu’on garde à l’intérieur. Il y a la mort qui n’est jamais loin, le feu qui brûle tout, les voisins qui tentent de survivre et parfois se délectent du malheur des autres. Il y a les peurs, les joies (se promener à vélo en jupe, aller acheter des livres chez le bouquiniste, manger de bonnes choses), l’après qu’on tente d’imaginer.

« Moi, je veux vivre comme un tigre dans la forêt vierge, comme un ours, un renard, un tanuki. Aimer, jouer, avoir peur, fuir, se cacher, retenir son souffle, étouffer sa respiration, vivre au risque de ma vie. »

Un livre troublant, qui amène à réfléchir sur cette période d’entre deux qu’est la fin d’une guerre.

Sélection de mangas à offrir pour les plus jeunes !

Les éditions nobi nobi ! proposent une collection très riche de beaux mangas et leurs ouvrages à destination des enfants dès 8 ans sont de toute beauté. Une sélection originale à mettre sous le sapin !

Les pounipounis : un univers doux et coloré où les animaux mignons apprennent à vivre ensemble

J’avais adoré le premier volume de ce manga kawaii qui s’adresse aux jeunes lecteurs : des animaux tous plus mignons les uns que les aurtes sont mis en scène dans leur quotidien. J’avais mis le premier volume dans ma sélection jeunesse de printemps pour le webmagazine Journal du Japon : https://www.journaldujapon.com/2019/03/13/on-fete-le-printemps-avec-des-livres-pour-enfants/

Petits bonheurs, gros chagrins, petits soucis grandes joies … Apprendre, découvrir, essayer, se tromper, être triste, être consolé … C’est toute une vie qui s’organise entre maison, jardin, colline, ciel. Certains volent (les poissons !), d’autres dorment beaucoup trop (le chat), l’écureuil grignote tout (les meubles !). Le pingouin, qui est le plus sage et essaye de mettre de l’ordre dans cette joyeuse troupe, a parfois du mal à gérer tous les problèmes, mais il le fait toujours avec gentillesse, compréhension, bienveillance.

Dans ce nouveau volume, on retrouve des animaux qui font la bagarre pour se réchauffer, d’autres qui s’essaient à l’origami (même avec les torchons de la cuisine ou la couette du lit !), un poisson volant qui s’amuse à faire voler ses amis avec une corde ou qui mange des nuages, un renard insomniaque à cause des ronflements de ses voisins de chambrée, une échelle trop grande qui devient rail pour jouer au train etc.

Il faut noter dans ce volume l’arrivée d’un nouveau personnage japonais par excellence : un kappa, créature verte qui habite les rivières japonaises, mais qui ici ne sait pas nager ! Et comme ses nouveaux amis n’arrêtent pas de le sauver de la noyade, il leur offre toujours des concombres.

Chaque court chapitre raconte une histoire, un événement, une petite scène du quotidien. C’est souvent drôle, poétique, mais également intelligent, sensible, pour amener le jeune lecteur à se poser des questions sur son propre comportement, sa propre vision du monde. Cela se fait en douceur, dans un univers gorgé de couleurs, accompagné d’animaux ronds, doux, kawaii !

Une excellente découverte du manga (avec un sens de lecture occidental pour plus de simplicité), des textes courts, facilement lisibles par les lecteurs débutants, des histoires qui font mouche chez les petits … à dévorer dès 8 ans (ou un peu avant). Deux volumes qui raviront les lecteurs et leurs parents !

Une autre nouveauté qui fait plaisir : un chaton et une mamie chat par la créatrice de Chi !

Tout le monde connaît Chi … manga, livres pour enfants, dessin animé, goodies, on le trouve partout ! Mais cette fois-ci, sa créatrice revient avec un nouveau duo : Taï adorable chaton gris foncé débarque chez Natsuki, un jeune homme qui vit seul dans la maison de ses parents … avec sa vieille chatte Sue, âgée de 17 ans. Sue aime faire la sieste et l’arrivée de Taï va perturber sa petite vie tranquille !

Le premier volume de ce manga (là encore à partir d’environ huit ans), colorisé pour sa version française, raconte l’installation de Taï dans cette maison tranquille. Le chaton va apprendre à faire ses besoins dans sa litière, à boire du lait, à manger dans sa gamelle (ou celle de Sue !). Sue quant à elle va redécouvrir le bonheur des jeux (cache-cache, boulette en papier, balle rebondissante).

Sue apprend à Taï, Taï fait rire Sue … Une complicité se met en place, avec beaucoup d’amour !

Un livre mignon, tout en tendresse, en délicatesse. On marche à pattes de chat dans cet univers paisible, en découvrant les petits bonheurs du quotidien de ce duo de chats attachant.

En bonus, des papertoys de Taï le chaton et de différents accessoires : la caisse dans laquelle il arrive, une brique de lait et deux gamelles (la sienne et celle de Sue), pour rejouer des scènes du livre !

Le manga est aussi l’occasion d’expliquer au jeune lecteur qu’adopter un chat ne se fait pas à la légère : en fin d’ouvrage, quelques pages expliquent comment adopter un chat, ce qu’on peut faire et ne pas faire avec lui, et les responsabilités que cela comporte. De quoi faire réfléchir avant d’envisager d’en accueillir un à la maison, pour qu’il ne soit pas abandonné quelques mois après !

Contes imaginaires : La Reine des neiges et les cinq éclats … Andersen revisité

Ce premier recueil offre une adaptation des contes d’Andersen, avec en fil conducteur la recherche d’éclats d’un miroir brisé par une troupe de chats (le miroir leur permettant de revoir un petit garçon qui leur est cher).

Les chats partent donc à l’aventure. Ils trouvent une jeune fille qui ne pleure jamais depuis que ses parents sont morts. Elle est même méchante avec le seul garçon qui s’intéresse à elle. Lorsqu’elle se retrouve rétrécie et qu’elle doit affronter souris et taupes, elle se rend compte qu’elle peut toujours compter sur le jeune homme qui la protège. Les larmes coulent et elle redevient humaine. C’est l’histoire de Poucette qui vient de nous être racontée.

Puis les chats donnent des jambes à une sirène pour qu’elle puisse vivre avec le Prince dont elle est tombée amoureuse. Là encore, il est question d’un prince qui ne pleure plus et garde sa peine au fond de son coeur depuis que sa nourrice a disparu dans la mer « à cause de lui ». Lorsqu’il aura compris toute l’histoire, il pourra enfin aimer et vivre heureux.

Dans Le Roi Nu, c’est une jeune princesse brimée par ses dames de cour que le lecteur découvre. Elle n’a jamais le droit de s’amuser, mais quand le frère du prince qu’elle doit épouser (mais qui s’est enfui avec une autre jeune femme) la fait rire et jouer avec ses amis, elle respire enfin, elle a même l’impression qu’on lui a enlevé un éclat du coeur !

La petite fille aux allumettes (Gerda) se voit acheter ses allumettes par un chat musicien qui lui dit que son voeu le plus cher se réalisera si elle réussit à laisser une allumette brûler jusqu’au bout. Quel est son souhait ? Voir sa mère guérie, mais pas au détriment de son ami Kaï ? Finalement avec sa volonté et l’amour que Gerda partage avec Kaï, l’avenir s’éclaircira et l’allumette sera enterrée sous un rosier dans leur jardin.

Le livre se finit sur l’histoire de la Reine des neiges : Une jeune femme, Gerda, se fait enlever par la Reine des neige, Kaï doit, pour la sauver, offrir une fleur éternelle à cette Reine qui vit seule dans son château, a gelé son vieillissement, scellé ses souvenirs et plongé toute la population dans un profond sommeil. Pourquoi ? Et qui est ce brigand qui contrôle les environs du château ? Là encore, le passé sera expliqué, les malentendus levés et le bonheur retrouvé !

On retrouve donc les contes traditionnels revisités afin que le lecteur suive les personnages d’histoire en histoire, puisse voir leur évolution. C’est original et extrêmement bien ficelé. Cela permet d’approcher les contes avec plus de romance, de sentiments. Les portraits sont touchants, tout en finesse, en délicatesse. Les regards, les mots sont émouvants. Les personnages en souffrance se sont enfermés dans des carapaces de froideur et d’indifférence, mais elles se fissurent lorsqu’on leur tend la main, les écoute, les regarde. Les épreuves sont bien là, comme dans les contes d’origine, mais elles sont surmontées grâce à la force de caractère des personnages, à l’amour qu’ils se portent, et à l’aide de petits chats magiciens !

La magie, le surnaturel sont bien présents, les décors sont enchanteurs, les traits de la mangaka sont fins et créent un univers extrêment poétique. Les personnages sont dessinés délicatement, comme des poupées de porcelaine, avec des tenues romantiques mêlant soieries et dentelles, cheveux aux boucles parfaites, et grands yeux étincelants.

Un concentré de poésie et d’émotion, à découvrir à tout âge !

Souvenirs de la mer assoupie de Shin’ya Komatsu : mer et imaginaire

Voici le livre idéal pour les vacances : la mer, les petits villages méditerranéens, la sieste, et le surréalisme avec de magnifiques histoires de phares qui marchent, de billes de verre créées par les vagues, de parapluie sauteur pour voler dans le ciel, de siestacés (des coquillages qui projettes leurs rêves sous forme de mirages).

Ce manga dans les dégradés de bleu met en scène la charmante Lisa (qui fait penser à Alice aux pays des merveilles) qui habite à Cap Vendredi. Ses aventures se succèdent au fil des chapitres.

Elle a trouvé un violon de verre sur la plage d’Aoûtia, là où viennent échouer les objets du monde entier. Elle vit avec sa grand-mère et a pour amie Monako. Elle adore aller boire de la limonade (ramune avec une bille dedans) chez le vendeur magicien qui lui raconte que ces billes sont les gouttes des vagues qui se figent les jours de pleine lune. Et rien qu’en regardant à travers sa bille de verre, Lisa se met à rêver qu’elle nage dans la mer.

Elle s’émerveille devant le parapluie sauteur d’un jeune garçon (qui l’appelle son Jet Swallow). Le garçon offre aux fillettes des vents trouvés au distributeur automatique de vent. Et il poursuit son tour du monde sur son drôle d’engin.

Quand Lisa prend le tram pour rendre un livre à la bibliothèque et rate son arrêt, elle arrive à l’île du Roupillon. Les siestacés projettent leurs mirages dans la ville, et un peintre les met sur ses toiles.

Lorsqu’elle va au phare avec son amie, elle joue du violon, ce qui réveille le phare qui se met à bouger. Avec ses pieds, il se promène, prend même une passagère sur le chemin. Puis il se perd … et demande de l’aide à un confrère pour finalement retrouver son cap et éclairer la mer à la nuit tombée.

Un jour, la lune s’approche très près de la terre, l’eau monte et les habitants doivent quitter Cap Vendredi. Ils se réfugient dans les falaises. Dans la ville submergée, Lisa rencontre Silaria, une jeune fille avec un masque de plongée. Elle est venue pour récupérer son violon grâce à un sous-marin. Elle habite en effet Apollinaris, une ville au fond de la mer (une légende bien réelle finalement … Lisa en a tellement entendu parler !). Silaria lui offre des animaux marins sculptés dans des perles de mer.

Un vrai voyage dans un univers merveilleux qui ravira les adultes et les enfants rêveurs !

En fin de livre, de drôles et poétiques chroniques de la colline aux étourdis raconte le quotidien burlesque des habitants d’une colline : une fenêtre qui rêve et qui permet à l’habitant de la maison de découvrir un monde inconnu, des papillons qui prennent le train et descendent tous dans un arrêt en plein champ, un petit pilote d’abeille qui demande un ravitaillement en miel, le martin-pêcheur d’un tableau qui en sort pour manger des poissons dans un bocal, un professeur qui fait des expériences étranges (il crée un téléviseur végétal, fait grossir et exploser une brioche de viande et se retrouve à goûter les atomes), une fleur qui vogue sur la rivière et parfume les rêves des riverains. Des perles de poésie à contempler et savourer encore et encore !

Un livre ravissant à découvrir d’urgence !

Adieu, mon utérus … de Yuki Okada : émotions

Je lis relativement peu de mangas, mais les éditions Akata ont toujours des choix hors des sentiers battus et souvent très touchants. Quand j’ai vu en librairie Adieu, mon utérus, j’ai immédiatement voulu le lire. Peut-être parce que je suis une femme, peut-être parce que la femme d’un collègue est morte d’un cancer du col de l’utérus, peut-être parce que c’est une angoisse qui rôde autour de beaucoup de femmes … En tous cas, je voulais voir comment un sujet aussi lourd pouvait être traité dans un manga.

Je voudrais vous dire …. Foncez, allez lire cette histoire difficile mais traitée avec émotion, sensibilité, et beaucoup d’humour (indispensable pour rendre la lecture moins pesante) ! Vous passerez des larmes au rire, de la douleur à la douceur.

Tout commence plutôt bien dans ce manga autobiographique : la jeune femme de 33 ans est mariée, a une adorable petite fille de 2 ans, exerce, comme son mari, le métier qu’elle aime, mangaka. C’est juste parce que ses cycles sont anarchiques qu’elle va consulter son gynécologue. Et immédiatement, les examens s’enchaînent, et le mot tombe : cancer. Un choc, une impression de flottement, d’absence. Heureusement, elle peut compter sur sa maman pour l’accompagner aux examens, pour gérer sa petite fille, pour faire en sorte que tout ne s’écroule pas. Elle, elle tente de ne pas trop réfléchir, elle joue sur ses consoles en attendant les prochaines échéances.

L’opération est planifiée, de médecin en médecin (caricaturés de façon rigolote, celui qui a le visage qui brille, celle qui est rondelette, franche, directe et finalement une alliée précieuse dans la lutte), d’examen en examen, le cancer devient concret : stade, taille etc. Le parcours est décrit très précisément, même les examens sont dessinés, les sensations, les douleurs décrites, toujours avec un humour bienvenu ! La douleur post-opératoire est là elle aussi, très forte, qui tord le corps et l’esprit. Le dessin parle de lui-même. Rien n’est mis de côté, on voit les tuyaux, le masque à oxygène, la sonde urinaire … et même l’utérus retiré qui est montré à la famille !

Le manga est aussi passionnant dans la description des personnes qui entourent la jeune femme. Il y a son amie admirable qui l’encourage, lui fait voir plus loin, la vie d’après l’opération, qui appelle le cancer « pitchoune ». Il y a les autres femmes hospitalisées, chacune avec son parcours, son histoire, ses opérations, ses traitements, entre nausées, pertes de cheveux, douleurs, récidives. Elles ont chacun leur caractère, et au final forment une tribu qui se soutient dans les épreuves. Et il y a la famille : la maman omniprésente (mamounette, parfois accompagnée de son mari), la tante toujours sur le côté pratique (réflexe d’infirmière), et bien sûr le mari mangaka qui prend des congés quand elle est hospitalisée, pour se consacrer totalement à sa fille (autre personnage important du manga, tout en rondeur, en douceur, en pleurs parfois). Au début, comme tout papa qui s’occupe peu de sa fille au quotidien (il reste souvent dormir au bureau pour finir ses planches de manga), il est un peu perdu, mais il s’adapte et comprend la charge de travail que cela représente pour sa femme. La petite fille, elle aussi, grandit, s’adapte. Au final, c’est un parcours difficile, mais qui se vit plus facilement grâce à l’entraide, au soutien entre toutes ces personnes, avec beaucoup d’amour et de bienveillance.

Côté dessin, j’ai adoré le graphisme. L’héroïne, avec ses cheveux noirs coupés au carré, ses grands yeux qui la font ressembler à une poupée, a un côté très enfantin dans ses postures et ses réactions. Les autres personnages sont très facilement identifiables et on s’attache à eux également. L’univers hospitalier est dessiné avec précision : lits, rideaux, plateaux repas, couloirs, salles d’attente, salle d’opération (scène mémorable quand elle la découvre !). Les textes sont très nombreux : les dialogues bien sûr, mais aussi beaucoup de bulles souvent cerclées de traits noirs pour les émotions, les pensées de la narratrice, ses doutes, ses angoisses, ses interrogations. Et le contraste entre ce qu’elle dit et ce qu’elle pense est parfois saisissant. Il permettra aux lecteurs de se mettre à la place de la malade, de comprendre par quelles angoisses elle passe … C’est très éclairant et inspirant pour tous ceux qui accompagnent des proches dans la maladie !

Un livre très émouvant, avec beaucoup de tendresse et d’humour, à mettre entre toutes les mains !

Des idées cadeaux pour les enfants, les ados (et les plus grands) : tout le monde peut dessiner !

Même si nous sommes encore loin de Noël, il n’est jamais trop tôt pour chercher des idées cadeaux originales. Offrir des livres pour apprendre aux enfants à dessiner sans complexe, c’est une idée chouette et il y a vraiment beaucoup de livres bien faits pour cela. Je vous propose donc ma petite sélection.

Rilakkuma pour les plus petits

Il y a déjà toute une collection de mallettes kawaï qui existent autour de ce célèbre ourson, pour découper, colorier, lacer, pailleter. Vous pourrez les découvrir dans cet article pour Journal du Japon.

Le petit dernier est un livre ardoise, en carton épais bien solide. Tout est fourni pour passer de bons moments : de vraies craies colorées, des encarts tableaux noirs pour écrire, et de beaux modèles.

La première double page est consacrée aux lettres : alphabet en majuscule en modèle, puis lignes sur tableau noir pour écrire son prénom, espace carré pour recopier les voyelles. La deuxième est consacrée aux formes, rond, carré, triangle, cœur. Sur la page noire, il faut les tracer entre deux lignes, d’abord en repassant sur les pointillés, puis juste avec le point de démarrage. Ensuite, Rilakkuma apparaît dessiné sur un quadrillage en page de gauche, il suffit alors de repasser sur les pointillés. En page de droite, c’est plus difficile, il y a juste le quadrillage, et l’enfant devra s’appliquer pour tracer l’ourson. Enfin, la dernière double page est faite pour que le petit artiste se lance : il peut colorier Rilakkuma et ses amis qui sont en bas de la grande page ardoise, avec un champignon (à colorier lui aussi), et au-dessus d’eux, beaucoup il aura beaucoup d’espace pour dessiner des nuages, un soleil, des oiseaux, ou tout ce qui lui passera par la tête.

Un livre mignon et une bonne initiation au dessin à la craie.

Des licornes, des lamas et autres animaux kawaï à partir de formes simples !

Peut-être que votre enfant (ou vous-même) aimerait dessiner mais qu’il se trouve « nul ». En fait, il suffit juste de trouver le bon livre qui permettra à tout le monde de dessiner « très bien » sans difficulté. C’est possible. Par exemple avec l’excellent Doodling créatif de Julie Adore (des fleurs en bouquets, en couronnes, des branches et plein d’autres choses très simples à faire, et qui donnent des résultats bluffants). Ici c’est des animaux trop mignons qu’il est possible de dessiner vraiment facilement grâce à Lulu Mayo.

Le principe est de partir de formes très simples, d’ajouter des éléments tout aussi simples et d’obtenir un animal rigolo et adorable.

Prenons le lama (un peu partout cette année) : dessinez un L majuscule aux contours frisés et voilà son corps, ajoutez ensuite un cercle frisé pour son visage, puis un nez en forme de cœur, placez deux oreilles bananes et des pattes triangles, décorez avec un motif inca (ou tout autre motif issu de votre imagination), vous obtiendrez un superbe lama et serez surpris par la simplicité de la chose !

Pour le paresseux, le corps est un rond avec un rectangle, les bras sont des saucisses, les pattes de petits triangles étroits et le visage un cœur. La licorne dodue est dessinée à partir d’un gros haricot … Au total, une trentaine d’animaux prennent vie sous le crayon de toute personne qui ouvre le livre ! Une simplicité bluffante !

Ajoutez à cela une belle couverture à paillettes, des présentations aérées (modèle étape par étape en page de gauche, page de droite pour dessiner soi-même, avec en bas de page des petites scènes mignonnes de l’animal en question, seul, en couple ou en famille) et enfin un prix tout petit … et voilà le cadeau parfait pour les petits comme pour les grands !

Dessiner les mangas : des livres simples à petit prix !

Si votre ado adore dessiner et veut se lancer dans les dessins manga, les éditions Eyrolles ont des petits livres pas chers pour qu’il se lance sans prise de tête. Il existe en version Dessiner les mangas et en version Dessiner les combats mangas. Les deux ouvrages ont toutes les pages du début en commun, les dessins changent ensuite et ils peuvent se compléter pour les modèles et l’inspiration.

Pour démarrer, il est rappelé qu’il est important d’apprendre à regarder, à voir, à s’inspirer en visitant des musées, en regardant des artistes pratiquer, mais aussi de multiplier les croquis dans un carnet, de griffonner, d’expérimenter. S’imprégner du monde qui nous entoure et dessiner encore et encore. Le matériel est présenté (quels crayons, feutres, pinceaux, plumes pour quels usages). Les bases sur les perspectives sont expliquées. Et surtout le commencement avec des formes simples, des silhouettes qu’on apprend à mettre en mouvement.

Ensuite il faut savoir dessiner les têtes (profil, face, partir d’une forme simple, ajouter les yeux, le nez, la bouche), leur donner des expressions (et le conseil tout bête de se regarder dans un miroir !), dessiner les cheveux (différentes coupes, différents mouvements).

Puis les personnages arrivent : samouraï, combattant (arts martiaux, mouvement de jambe, de pied), guerrier, robot (travailler les ombres sur le métal), fille en kimono (les plis du tissu), action explosive, tortue robot sur laquelle est assise une jeune fille.

Une grande diversité et plein de conseils simples pour se lancer sans crainte.

Le volume consacré aux combats insiste sur la façon de donner du mouvement avec différents types de traits, montre un guerrier bondissant, un robot géant, explique comment représenter les coups de pied, les personnes sur la défensive, les chutes, les scènes d’action, avec un combat contre un vampire pour finir !

Des ouvrages clairs, des conseils, des dessins nombreux, des heures de dessin en perspective !

La Fillette au drapeau blanc de Saya MIYAUCHI : une enfant dans la guerre à Okinawa

Voici un manga très émouvant basé sur l’histoire vraie de la petite Tomiko Higa. Cette fillette a été photographiée et immortalisée par un célèbre photographe de guerre, John Hendrickson. Ce n’est qu’en 1987 que Tomiko Higa sortit de son anonymat. En 1988 elle rencontra celui qui l’avait photographiée. Puis elle décida de livrer son récit dans un roman autobiographique. C’est l’adaptation en manga de ce roman que les éditions Akata ont eu la très bonne idée de publier en France. Ce One shot est un témoignage indispensable pour comprendre la violence de la bataille d’Okinawa et les innombrables victimes civiles qui se retrouvèrent sous le feu des bombardements américains, soumis à la violence de certains soldats japonais, souffrant de la faim, de la soif.

Elle avait à peine six ans lorsque la guerre est arrivée à Okinawa en avril 1945. Sa mère était morte peu de temps avant, mais elle vivait entourée de son père, son frère de deux ans plus âgé qu’elle, et de ses deux sœurs de douze et seize ans. Elle a deux autres sœurs beaucoup plus âgées mariées et vivant loin, deux frères partis combattre en Chine et un autre frère qui travaille en métropole. Leur père réussit à rester un peu auprès d’eux en fournissant en fruits et légumes l’armée japonaise. Mais il est bientôt obligé de partir, laissant la famille se débrouiller seule.

Les trois filles et le garçon sont rapidement obligés de quitter leur maison de Shuri pour fuir les bombardements. Direction le Sud. Mais l’ennemi semble suivre le même trajet qu’eux. Il faut donc marcher la nuit et se cacher dans des grottes le jour. Trouver de l’eau n’est pas toujours facile, surtout quand les puits et les rivières sont remplies de cadavres. Parfois, faute de grotte, il faut creuser un trou pour s’y cacher. Lorsque la petite Tomiko se retrouve seule, elle doit apprendre à trouver de quoi se nourrir, parfois en prenant dans les sacs des soldats morts (qu’elle n’oublie pas de remercier, morts ils l’aident à se nourrir, alors que vivants ils la menacent, la terrifient). Parfois, elle trouvera une consolation auprès des animaux (chèvre, souris, lapin, les animaux semblent sentir quand un bombardement arrive). Elle trouvera refuge auprès d’un vieux couple. Quand la guerre finira enfin, c’est avec un drapeau blanc qu’elle sortira et sera photographiée.

Ce manga est bouleversant. On se demande comment une aussi petite fille a pu trouver autant de force pour supporter le noir absolu des grottes, la soif, la faim, l’horreur de la mort, des explosions, des cadavres en décomposition. Elle a eu la chance d’avoir une famille aimante qui lui a toujours donné des conseils dont elle se rappelait une fois seule : N’imite pas les autres, réfléchis avec ta propre tête. Son père et son frère lui ont appris à manger certaines plantes parfois amères mais très nourrissantes. Le vieil homme qui l’a hébergée lui a bien rappelé, lorsqu’elle ne trouvait plus de sens à la vie, que la chose la plus importante dans ce monde c’est la vie humaine.

Un récit indispensable pour tous, pour ne pas oublier cette guerre qui a laissé de grandes blessures dans la population okinawaïenne, et pour se rappeler que les premières victimes d’une guerre sont les civils, les enfants, les bébés …

L’histoire est suivie du récit de la mangaka qui s’est rendue sur place pour voir au plus près les lieux cités par Tomiko Higa. Les roseaux dans lesquels la petite fille se cachait, les grottes que l’on peut encore visiter (et où le noir intense a fortement marqué la mangaka qui n’y est pourtant restée que quinze minutes), certaines de ces grottes marquées par les traces des lance-flamme utilisés par les soldats, les plages où des civils tentèrent de se réfugier, les falaises criblées de traces de balles. Des plaies encore ouvertes et douloureuses, qui mettront du temps à se refermer.

Un manga INDISPENSABLE !

A nos amours – tome 2 de J.P. Nishi : toujours aussi drôle !

Lorsqu’il fait froid et gris, rien de tel qu’un manga sur la vie d’une famille franco-japonaise pour voir la vie du bon côté et avec le sourire !

J’avais adoré le premier volume de nos amours, dans lequel J.P. Nishi nous racontait sa rencontre avec sa femme française, leur vie de couple et l’arrivée d’un adorable bébé. J’avais eu la chance de l’interviewer lors de son passage au Salon du livre de Paris. Vous pouvez lire mon article sur Journal du Japon.

J’étais donc très impatiente de lire le tome 2, ce que j’ai fait par petits bouts pour mieux l’apprécier.

J’ai souvent eu des sourires et des fous rires.

C’est le cas lorsqu’il croque les différences entre la France et le Japon, en particulier sur la communication entre individus beaucoup plus « directe » en France. Une maman y poussera sa poussette pour que les gens fassent de la place dans le bus, un moyen de transport dans lequel les français mêlent leurs jambes sans que cela ne pose problème … On retrouve également les bisous déjà présents dans le premier volume, et que le petit garçon maîtrise très bien (il comprend vite qu’il ne doit pas se comporter de la même façon avec les Français et les Japonais). Le mangaka s’interroge sur la passion des touristes pour les 100 yens shops (j’avoue, je fais partie du lot !), sur la façon différente de servir les plats à table. Et chacun appréciera le grand chapitre consacré aux nez, avec croquis à l’appui.

C’est aussi lorsqu’il décrit le quotidien avec son fils que j’apprécie son sens du détail, la narration tellement juste de petits événements vécus par beaucoup de parents : le petit garçon qui aime se lever tôt spécialement le weekend, qui prend son père pour modèle (y compris lorsqu’il met son téléphone là où il peut lorsqu’il est en maillot de bain), qui a une passion pour les trains (un bonheur au Japon !), fait du vélo sans pédales, met des slips de super héros (solution miracle pour abandonner ses couches) … et qui bombarde son père de « Pourquoi ? » !

Bien sûr, il y a toujours la superbe Karen, sa femme qu’il adore mais dont il ne comprend pas toujours les réactions. Il admire sa passion pour les nouvelles technologies (elle pilote un drone dans la maison alors qu’il ne sait pas faire marcher les différentes machines qu’elle a installées pour regarder la télévision !), mais ne comprend pas pourquoi elle n’utilise pas de planche à découper (elle manie le couteau comme si elle était d’un « peuple de chasseurs »). Et le plus choquant est le RIZ AU LAIT ! Au Japon, le riz est un produit noble, qui s’apprécie seul, pour ce qu’il est … Quel sacrilège de le mélanger avec du lait pour en faire un dessert !

Si vous avez aimé le tome 1, vous adorerez le tome 2 … Et si vous ne connaissez pas, allez vite découvrir ce manga original et drôle ! Et vivement le tome 3 !

 

Une longue route de Fumiyo Kôno : tranches de vie d’un drôle de couple !

Je suis tombée amoureuse du trait de crayon de Fumiyo Kôno depuis que j’ai vu Dans un recoin de ce monde et enchaîné avec la lecture du manga dont le film est tiré. D’ailleurs je leur ai consacré un article sur Journal du Japon.

C’est donc avec plaisir que je me suis lancée dans la lecture d’Une longue route, un one shot qui met là encore en scène un couple atypique. Voyez plutôt : Sosûke est un bon à rien incapable de garder un emploi plus de quelques jours et Michi est une rêveuse maladroite mais qui est toujours heureuse malgré toutes les mésaventures qui peuvent lui arriver. Ils ont été l’objet d’un mariage arrangé entre leurs deux familles (le père de la jeune fille devant de l’argent au père du garçon). Sôsuke est également très attiré par les jolies filles tandis que Michi est hantée par le souvenir d’un ancien garçon qu’elle appréciait beaucoup … Le mariage est donc vraiment mal parti !

Le manga se compose de petites scènes du quotidien somme toute assez banal de ce couple qui cohabite sans s’aimer et doit faire face en permanence à des problèmes d’argent (pour manger, prendre le bus ou payer les factures d’eau, d’électricité !). Mais cela ne semble pas perturber Michi qui trouve toujours des solutions et arrive à apprécier les petits bonheurs simples du quotidien. Elle est souvent touchante, parfois agaçante tant elle semble impassible. Il y a également beaucoup de moments drôles. Et les chamailleries ne sont jamais bien loin.

Les lecteurs occidentaux seront peut-être perturbés par les scènes muettes, les petits moments étranges parfois incompréhensibles pour les non-japonais. Mais globalement c’est un manga « contemplatif » qui m’a beaucoup plu (vous connaissez maintenant mon amour des romans japonais dans lesquels il ne se passe pas grand chose mais où le plaisir de lecture est justement dans les petits riens, un insecte qui chante, une lanterne de pierre dans un minuscule jardin, un chat qui paresse au soleil, une tasse de thé qui refroidit). C’est un peu cette ambiance hors du temps que vous retrouverez ici.

J’ai particulièrement aimé les moments de poésie sans parole mais avec un trait de crayon plus épais, comme un souvenir cotonneux dans lequel on se plonge. Ainsi Un long fil montre comment Michi arrive, à partir d’un vieux pull, à faire une pelote puis à tricoter une longue écharpe moelleuse. Dans Mandarines, ces petits fruits oranges courent de page en page (ils sont d’ailleurs colorés et sautent à la figure du lecteur) et la couleur finit par atteindre le soleil couchant. Il y a également une patate douce qui pousse et dont la plante finit par envahir toute la pièce.

Et même si au début Sôsuke fait preuve d’indifférence voire de mépris envers Michi, petit à petit les mains se frôlent, les corps se rapprochent, et l’amour pointe derrière les taquineries.

Une lecture émouvante entre tristesse et gaieté, entre soucis et bonheurs. La vie quoi !