Les 100 objets du Japon de Julien Giry et Aurélie Roperch : découvrir le Japon par ses objets traditionnels ou modernes

Après nous avoir offert un superbe voyage en cent vues à travers le Japon (Les 100 vues du Japon, autre très beau livre aux textes et photographies merveilleux), Julien et Aurélie invitent cette fois le curieux, collectionneur, voyageur ou futur voyageur à découvrir ou redécouvrir les objets japonais.

100 objets, c’est à la fois peu et beaucoup pour un pays. Cela permet de découvrir les objets traditionnels (kokeshi, masque, pierre à encre et autres objets issus du riche artisanat), mais également des choses beaucoup plus modernes (on pense naturellement aux toilettes, aux jeux vidéo, aux distributeurs de boissons – dans le top 10 pour mon fils ! -, aux cups noodles, aux poussettes à chien, et tellement d’autres choses surprenantes qui étonnent et émerveillent lors d’un premier voyage dans ce pays).

Feuilleter ce livre est un plaisir toujours renouvelé. C’est reconnaître des objets croisés en voyage et y repenser avec nostalgie, c’est noter un objet qu’on n’a pas vu et que l’on ne veut pas oublier lors du prochain voyage, c’est apprendre plein de choses sur tous ceux qui sont présentés : origine, fabrication, signification, lieu où le trouver, façon de s’en servir.

La présentation est très intéressante : le nom en japonais, une ou deux photos, le nom en français avec un court texte en rouge pour aller à l’essentiel, puis dans la deuxième moitié de la page, un texte qui retrace l’histoire de l’objet, sa présence géographique, son usage au fil du temps … des textes toujours passionnants, précis, documentés, et très bien écrits (une plume très belle que j’avais déjà beaucoup appréciée dans leur précédent livre). Et chaque fois que c’est possible, les auteurs livrent des informations plus pratiques pour pouvoir découvrir ces objets par soi-même (dans quelles villes, quartiers les trouver, avec des échelles de prix, voire des sites internet et des adresses françaises pour ceux qui n’ont pas la chance de pouvoir se rendre au Japon).

Le choix des objets a été fait en collaboration avec Aya Ozu (japonaise, qui avait fait la même démarche avec 50 objets français dans son livre La Chambre de Sophie la Parisienne). Les échanges ont permis d’ajuster les choix, de les expliquer, de comprendre ce qui fascinait parfois de façon surprenante et d’arriver ainsi à une liste de 100 objets.

Le classement a été pensé pour emmener le lecteur en voyage dans le Japon du quotidien (dans la rue, dans la maison, avec un zoom dans la cuisine, autour de l’habillement, des gourmandises), des saisons, des arts et artisanats, des souvenirs de voyage. En fonction de ses centres d’intérêt, chacun peut ainsi se rendre dans l’univers qui l’attire le plus … ou se laisser entraîner au fil des pages dans la découverte d’un pays fascinant !

Un livre indispensable pour tous les curieux ! A compléter par les 100 vues du Japon pour découvrir des paysages urbains et ruraux et ainsi avoir sous les yeux les multiples facettes du pays.

Vous pouvez commander les deux livres sur leur site !

Un sandwich à ginza de Yôko Hiramatsu, illustré par Jirô Taniguchi : le plaisir de manger au fil des saisons et des lieux !

Pour moi, la découverte de la cuisine locale est une partie importante d’un voyage. Et au Japon, c’est un émerveillement permanent ! Ce livre a donc été un très gros coup de coeur. Yôko Hiramatsu est une écrivaine gastronome, gourmande, qui nous met l’eau à la bouche avec ses découvertes culinaires au fil des saisons et des petits restaurants du nord au sud du Japon. Et les dessins de Jirô Taniguchi, parsemés ça et là au fil des pages, apportent la petite touche de finesse pour parfaire le tableau.

Les premières lignes sur les saisons me font penser au Nagori de Ryoko Sekiguchi, à La péninsule aux 24 saisons de Mayumi Inaba. C’est ce qui me touche le plus dans la cuisine japonaise, ce rapport permanent aux saisons, aussi bien pour les végétaux que pour les animaux.

La pétasite du Japon et autres herbes printanières :
« C’est la saveur du printemps. Les premiers signes de la saison vous ébranlent les papilles. Le printemps s’engouffre dans votre bouche, toutes digues rompues. Fleurs de colza, crosses de fougère, têtes-de-violon, jeunes pousses de lis plantain ou de prêle des champs … On a envie de croquer à belles dents toutes ces herbes sauvages, ces bourgeons verts gorgés de sève.
La saveur du printemps, c’est la joie du renouveau. »

On découvre ainsi les tempura de printemps, la bière de juin, l’anguille de l’été qui a même son festival à Narita. On ressent le plaisir gourmand de l’écrivaine et le bien-être que procure chaque plat spécifique à la saison.

Mais c’est également une promenade au fil des villes, des quartiers, des restaurants parfois centenaires. Une histoire de rencontres, d’amitiés, d’admiration. De la cuisine bouddhique à Kamakura, en passant la la cuisine chinoise et même le restaurant d’entreprise … la diversité des textures, des parfums, des goûts est infinie sous nos yeux éblouis !

Les plats minutieusement décrits (et parfaitement croqués par Taniguchi qui excelle dans cet art !) vont de l’omelette fourrée au riz aux sandwichs de toutes sortes (fourrés aux fruits, au porc pané, à la croquette de purée ou de crevettes roses) en passant par le nabe de fugu. Certains plats comme le pot-au-feu d’ours ou la langue de baleine ne susciteront peut-être pas la même gourmandise de la part du lecteur occidental, mais ils sont montrés comme part du patrimoine culinaire japonais.

Le livre est surtout une succession d’histoires humaines : des repas qu’elle partage souvent avec un jeune collègue, des restaurateurs qui donnent le meilleur d’eux-même pour faire vivre leur établissement, des histoires d’amour, de passion, de générosité, de partage !

Un livre passionnant et gourmand ! On part quand ?

Picnic japonais de Monika BAUDISOVA et Jordi TRILLA : le Japon dessiné

Voici un adorable livre publié aux éditions Actes Sud Junior. Un livre au graphisme enfantin qui propose un concentré de culture japonaise dans des dessins mignons et instructifs.

Monika écrit en introduction : « Ceci n’est pas un journal de voyage, ni un guide. C’est mon voyage au Japon. Ce que j’y ai vu, entendu, découvert, vécu et mangé au cours des six mois de mon séjour ».

Et c’est en effet un catalogue d’objets, de nourriture, de yôkai, un étrange mélange dans lequel se croisent yakuza et mamie centenaire, salaryman et jeune « Harajuku style », vaisselle traditionnelle et nourriture de konbini, Hokusai et Yayoi Kusama, Haruki Murakami et les AKB 48.

C’est une introduction à la culture japonaise idéale pour les ados … et les moins jeunes, car c’est une explosion de vie sous toutes les facettes possibles : otaku, street food, traditions, légendes. Un joyeux bric-à-brac ! L’occasion de découvrir les fêtes qui ont lieu tout au long de l’année, les multiples façons de se saluer, la vie épuisante du salaryman, les hôtels, les cafés, l’intérieur d’une maison japonaise (kotatsu, salle de bain, toilettes, nourriture), les onsen, les temples et sanctuaires (et comment y prier).

Chaque mot est écrit en français et en japonais. Des petits textes explicatifs simples sont fournis lorsque c’est nécessaire et que les illustrations ne suffisent pas. Les dessins sont essentiellement en noir et blanc, mais des touches de couleur apparaissent parfois (pour présenter les différents sushis ou la mode très colorée d’Harajuku, pour rosir les sakura de Hanami ou rougir un daruma ou un tengu).

Pour ne pas se perdre (même si c’est drôle de feuilleter le livre un peu au hasard et de s’arrêter sur un dessin qui nous intrigue), il y a une organisation en plusieurs parties : vie quotidienne – société et culture pop – à la maison et dehors – tradition et folklore.

Une très belle découverte que je ne peux que vous inviter à aller découvrir chez votre libraire. Un bel objet à avoir à portée de main quand le manque de Japon se fait sentir, pour se replonger immédiatement dans toutes ces petites choses qu’on aime !

Japon Kaléidoscope de Valérie Douniaux : au-delà des clichés

Voici un petit livre précieux pour qui veut comprendre le Japon et les Japonais. Pas une étude sociologique, mais un recueil de réflexions, de rencontres, de visions de Japonais vivant en Europe ou aux Etats-Unis, d’Européens vivant au Japon, rassemblées avec talent par Valérie Douniaux qui connaît bien ce pays. Des facettes multiples qui forment un kaléidoscope passionnant d’un pays qui intrigue et fascine.

Le texte brillamment construit est accompagné d’une préface (Monde-Playmobil), d’une postface (Une île) et de photographies en noir et blanc de Thierry Clech. Ceci donne à ce portrait une ossature solide et des éléments visuels qui font écho aux mots, pour mieux pénétrer dans ce pays aux multiples visages.

Le livre commence par cette évidence souvent contredite : le Japon n’est pas uniforme. Diversité des régions, des villes, contraste ville/campagne, diversité des quartiers dans une même ville.

Par contre, il existe bien une cohésion, des notions très fortes : groupe, hiérarchie, famille … même s’il existe également un certain individualisme.

Le livre aborde de façon intéressante le monde du travail : uniformes, cartes de visite, relations (confiance, intuition, circonvolutions, excuses, consensus, évitement de la confrontation). Savoir « lire l’atmosphère » est tout un art ! Il faut comprendre derrière les acquiescements de façade, les formules de politesse à foison, les sujets convenus. Le sujet du rapport au temps est également passionnant (ponctualité, rituels, congés entre autres). Sans oublier l’amour du détail, les dieux qui veillent sur l’entreprise … et la vie sociale après le bureau (izakaya et problèmes d’alcool et de productivité qui peuvent en découler).

Le Japon, c’est également plein de petits détails étranges, perturbants ou rassurants. Trouver le lieu d’un rendez-vous peut être un véritable casse-tête (mais il existe des commissariats de quartier très efficaces), mais trouver un combini (supérette) est très facile. On peut être intrigué par les bruits du Pachinko et tous les bruits du quotidien (télévision, magasins). On peut s’agacer des paiements en liquide et non par carte. On peut être dubitatif face à la « dictature du kawaii » et bien d’autres choses encore abordées dans ce livre qui, malgré son petit format, est riche de très nombreuses informations. Il s’achève sur les nombreuses interrogation pour le futur du pays : augmentation du tourisme, JO, réchauffement climatique, catastrophes naturels, désintérêt des jeunes pour la politique etc.

Ce qui est sûr, c’est que ce livre vous donnera envie d’en apprendre encore davantage sur ce pays qui ne se laisse pas comprendre facilement !

N’hésitez pas à faire un tour sur le site de cette très belle maison d’édition, iKi édition !

Tokyo : deux guides et un livre pour enfants

Si vous envisagez d’aller bientôt à Tokyo, je vous propose une petite sélection d’ouvrages pour vous accompagner dans votre découverte, seul, en couple, en famille ou entre amis. Des livres pour les curieux, les gourmands, les enfants …

Soul of Tokyo, guide des 30 meilleures expériences

Dès les premières pages, le cadre est posé : on ne trouvera pas dans ce guide le 06 de l’office du tourisme de Tokyo, ni la traduction japonaise de « prendre un ticket de métro », et encore moins la liste des médicaments à emporter, mais on trouvera le 06 du meilleur sushi de Tokyo, la traduction japonaise de « prendre un bain de forêt », le cocktail de notre vie, le meilleur massage de tête, la plus petite librairie et bien d’autres adresses originales.

« Car ce guide n’est pas fait pour ceux qui viennent pour la première fois à Tokyo, mais la deuxième. Ceux qui veulent pousser ses portes secrètes, capter les battements de son cœur, phosphorer ses moindres recoins pour atteindre son âme. »

Les fondatrices de My Little Paris emmènent en effet le lecteur futur voyageur dans des lieux originaux, colorés, animés, où nourrir corps et esprit.

On aime ou on n’aime pas le style un peu bobo, mais on trouve au final de chouettes adresses qui donnent envie d’aller se perdre au fil des pastilles parsemées sur la carte.

Les trente (et une secrète) « expériences » sont décrites et surtout photographiées (ce que j’apprécie particulièrement car les photos sont très belles, on arrive à sentir l’atmosphère du lieu rien qu’en les regardant). Les informations pratiques sont données : adresse en français et en japonais, horaires, téléphone et mail, site internet, avec des petits symboles pour avoir une fourchette de prix, savoir si les interlocuteurs parlent anglais ou non, si c’est une adresse « traditionnelle » et si c’est « encore mieux en amoureux ». Les textes sont courts mais efficaces et quelques interviews complètent agréablement ces descriptifs.

Il y a vraiment de quoi satisfaire toutes les bourses et toutes les envies. Des lieux où dormir, où manger, où boire, des musées, des librairies, papeterie, des onsen. Du traditionnel, du moderne, du minimalisme, de l’exubérant … du beau.

Je sais que j’irai dans ce salon de thé au milieu des fleurs lors de mon prochain séjour à Tokyo !

Un livre qui se feuillette comme on fait une promenade. Et qui donne envie de découvrir Tokyo autrement … et de partir dès que possible !

En fin d’ouvrage, d’autres adresses shopping, beauté et kawaii complètent le tout.

Tokyo, le voyageur affamé : les adresses gourmandes de Laurent Feneau

J’ai beaucoup aimé les livres de Laurent Feneau, Sakés (si cette boisson vous intéresse, je vous conseille son excellent ouvrage sur le sujet) et Paris-Tokyo dialogue des sens. J’étais donc ravie d’apprendre qu’il avait écrit avec Anne Jeandet-Feneau, le guide sur Tokyo dans la très belle collection du voyageur affamé chez Menu Fretin.

Si vous ne connaissez pas cette collection (qui a de très nombreuses villes à son catalogue), je vous explique le concept : un guide-carte bourré de bonnes adresses pour manger, qui s’ouvre d’abord sur une présentation de la ville, de son ambiance culinaire, avec ses mots de cuisine (pour Tokyo, vous trouverez des noms de quartiers, mais aussi Junmai, nori, ramen, tinkerbell, wagyu, yuzukosho, chawanmushi et bien d’autres).

Puis vous tournez et tombez sur un origami ! D’abord quatre petites cases pour quatre originalités de la ville. Ici c’est Tokyo d’en haut (avec les meilleurs spots pour admirer la ville depuis différentes hauteurs, accompagnés d’adresses de café, bar et restaurant), Tokyo côté jardins (les plus beaux jardins, avec un salon de thé et une maison de thé), Tokyo sur l’eau (Meguro, Odaiba, mais aussi un café à Kamakura) et enfin Villas d’exception (pour découvrir de superbes maisons traditionnelles ou plus modernes (et le café restaurant du parc Teien Art Museum).

En dépliant encore cet origami façon cocotte en papier, vous tomberez sur une succession d’adresses repérées par des numéros. Les adresses de gauche sont sur le plan que vous découvrez en ouvrant le côté droit, et vice versa … Pas besoin de se contorsionner, de fermer et ouvrir en permanence pour repérer les pastilles sur le plan, chaque moitié peut se lire indépendamment et donc permettre de se repérer tout en lisant le descriptif du lieu qui vous intéresse. C’est pratique et malin.

Côté adresses, vous aurez l’embarras du choix : cafés, izakaya où déguster une cuisine de saison, udon, ramen, gyoza, cuisine d’inspiration italienne ou du sud du Japon, sushi et bien d’autres … Une diversité intéressante pour varier les plaisirs dans cette ville gastronome où se croisent toutes les cuisines, pour mieux se réinventer, se revisiter.

Bon voyage et bon appétit !

Emma à Tokyo : découvrir la ville avec de grandes photographies animées de petits personnages adorables

Les livres pour enfants sur le Japon ne sont pas très nombreux et parfois un peu trop classiques.

J’ai vraiment craqué pour cet album grand format dans lequel le jeune lecteur pourra découvrir Tokyo grâce à Emma la petite moinelle (qui a déjà visité New York, Rome et Paris dans d’autres albums).

L’intérêt de cet album est sa conception : de grandes photographies très belles en double page, dans laquelle l’illustratrice a intégré des petits personnages (animaux). Le mélange surprenant est très réussi et permet de visiter des lieux en douceur.

Emma arrive donc à Tokyo alors qu’elle était dans une montgolfière entre Rome et New York. La faute à un énorme ouragan. Elle découvre émerveillée le Gotoku-ji, temple aux multiples statuettes de chat maneki neko, et madame Maneki-Neko, adorable chatte en kimono qui l’accompagnera dans son périple tokyoïte. Celle-ci l’accompagne dans une ruelle de petits restaurants éclairée de lanternes colorées pour la guider vers un hôtel. Lorsqu’Emma s’allonge confortablement sur son futon sur le sol en tatami, des yokai viennent lui demander de l’aide. Ce sont des objets abandonnés qui, au bout de cent ans, se transforment en yokai. Il y a un petit bol, un parapluie, un balai, une lanterne et une théière. Dessinés au crayon blanc et d’une transparence blanchâtre, ils sont adorables et se détachent légèrement du décor photographique, un effet très réussi ! Pour les aider, Emma doit retrouver et réparer les objets. Après avoir traverser une charmante ruelle fleurie et une bambouseraie, elle arrive dans le jardin d’un temple et trouve les objets au pied d’un arbre. Ce jardin moussu est une splendeur à admirer (avec trois moines animaux qui se fondent merveilleusement bien dans le décor !). Les objets dans son sac à dos, Emma va admirer les cerfs-volants au-dessus de l’eau qui entour le château. De retour dans sa chambre (une chambre traditionnelle dont on peut admirer chaque élément), elle répare les objets et les yokai la remercient et l’aident pour son retour chez elle : c’est la fête des enfants le lendemain, et les carpes volent dans le ciel. C’est sur une carpe volante qu’elle pourra reprendre son voyage ! Un bain dans un onsen, une visite au magasin de cerfs-volants, une carte à ses parents écrites dans un parc devant un parterre d’iris, un kashiwa-mochi avalé, et la voilà qui décolle sur sa magnifique carpe rouge ! Elle décolle sur un passage-piéton géant, survole un plan d’eau couvert de lotus qui fleurissent. Le lecteur profite ensuite d’une superbe vue de Tokyo (avec sa tour et tous ses immeubles) puis du Mont Fuji.

Comme vous pouvez le voir avec tous les éléments que j’ai mis en gras, les éléments de Tokyo et de la culture japonaise que ce livre permet de découvrir sont très nombreux et c’est un bonheur de les découvrir aussi joliment mis en scène. De quoi ravir les petits, mais aussi les grands qui ont gardé une âme d’enfant. Le grand format rend le livre vraiment très agréable à feuilleter et permet de s’immerger totalement dans cette ville fascinante !

En fin de livre, vous trouverez une page bricolage pour fabriquer une carpe koinobori en papier. Il y a également un petit lexique pour apprendre ses premiers mots en japonais (bonjour, merci, bonne nuit etc.).

Une très très belle découverte que je vous conseille vivement !

Vous pouvez feuilleter un extrait du livre sur le site de l’éditeur (en cliquant sur la couverture ci-dessus).

 

Aimer Kyoto : j’adore !

Sous-titré 200 adresses à partager, ce livre est à la fois un guide avec toutes les informations nécessaires pour voyager (adresses, horaires, sites internet, coûts etc.) mais surtout un livre pour rêver, préparer un voyage, se perdre dans les photographies très nombreuses qui le font sortir du lot des guides de voyage parfois austères.

Le but est donc de humer l’air de Kyoto : flâner, se promener au hasard et découvrir des merveilles. Kyoto est un patrimoine immatériel et culinaire. Il faut donc prendre le temps de la découvrir. Et ce guide permet de goûter des yeux avant d’y mettre les pieds.

Le sommaire donne déjà envie : aimer se régaler, aimer boire un verre, aimer faire les boutiques, aimer se balader, aimer découvrir les temples et jardins, aimer se cultiver, aimer se faire plaisir, aimer se loger confortablement, aimer amuser les enfants et aimer explorer la région.

Aimer se régaler de nouilles, de légumes d’Ohara, de bouchées délicates, d’oden, de tempura, de sushi, de tofu. Mais également manger coréen, laotien, italien ou français. Avec des photos des plats ou des salles pour se mettre dans l’ambiance.

Boire un verre, cela va du saké au thé, du café au cocktail, avec une pâtisserie japonaise ou de la musique, dans un cadre traditionnel ou moderne.

Faire les boutiques, c’est découvrir des objets beaux et de qualité, donc y mettre le prix. Encens, indigo, boîtes de thé, antiquités, laques, kimonos, papier, bambou, étain, couteaux, sacs … De quoi trouver son bonheur !

Aimer se balader regroupe les lieux incontournables de Kyoto : rivières, chemin de la philosophie, marché, forêt de bambou, jardins, matsuri et marchés aux puces.

Bien sûr, la partie temples et jardins regroupe les grands classiques présentés par quartier (ce qui est intéressant pour organiser ses journées). Avec un coup de cœur de Murielle Hladik pour le temple des mousses.

Pour se cultiver, là encore classique et moderne sont proposés dans les adresses de musées, théâtres, librairies et galeries.

Se faire plaisir permet de découvrir des adresses bien-être : onsen, yoga, massages, produits de beauté. Une rubrique originale et bienvenue.

Côté logement, il y a à la fois du petit budget avec plusieurs guest house, du design, du magique, du traditionnel, et même un temple zen !

La rubrique amuser les enfants met en avant des activités à partager en famille : musée du manga, du train, parcs et jardins, train romantique, descente de la rivière Hozu en bateau, aquarium, zoo et parc aux singes. Mais il existe d’autres activités plus originales : taiko center pour découvrir ce gros tambour japonais, atelier pour fabriquer des wagashi, des sucreries, prendre des cours de cuisine, acheter des boîtes bento, aller au samurai kembu theater ou dans un café à chats.

Et bien sûr on finit par une exploration de la région : Mont Hiei, Nara, Ohara, Uji, avec des adresses intéressantes (temples mais aussi boutiques de thé, restaurants, cafés, onsen).

Enfin, le livre se finit sur une série de cartes sur lesquelles les lieux cités sont reportés dans des pastilles numérotées.

Un livre très complet pour préparer son voyage, mais aussi flâner et rêver … Attention, il donne sérieusement très très envie de partir par le premier avion !

Shizen : un petit livre sympa et instructif

Après le lagom ou le hygge suédois, voici le shizen japonais. Autant vous dire que j’étais méfiante en ouvrant ce petit livre. Mais tout de suite il m’a séduite car il est très beau à regarder et à feuilleter, avec les illustrations minimalistes très esthétiques de Valérie Leblanc. Et finalement, en me plongeant dans la lecture, j’ai été agréablement surprise par la richesse et la qualité des informations fournies et par la sensibilité des deux personnes qui l’ont écrit (Misato Raillard-Kakizaki et Theresia Rippel). C’est une très belle première approche du Japon, une immersion douce dans son art de vivre au fil des saisons, dans ses coutumes, ses objets, ses mots.

La première partie, Esprit shizen, dresse un portrait sensible du Japon : la nature entre forêts et montagnes (avec un haïku de Bashô sur le Fuji ou des explications sur l’histoire et la fabrication d’un teruteru bôzu pour chasser la pluie), le shintoïsme et le bouddhisme (avec des explications sur les sanctuaires et les temples).

La deuxième partie est un calendrier qui fait défiler les saisons et les rituels, fêtes et mots qui les accompagnent. Ainsi, au printemps, vous découvrirez la fête des filles, mais aussi les noms des différents vents de printemps : harukaze, la brise printanière, kashinfû, le vent des fleurs, kôfû, le vent de lumière, haruarashi, haruare, haruyate, la tempête du printemps, et haruichiban, le premier vent du printemps. Sans oublier un haïku de Shiki. L’été, on apprend à se rafraîchir, à profiter des douceurs (glaces, fruits) et à faire la fête. L’automne se fait plus contemplatif avec sa lune et ses érables rouges. L’hiver enfin, ce sont les rituels de fin et début d’année qui vous seront expliqués, ainsi que les façons de se réchauffer (Onsen et kotatsu entre autres).

La partie Penser explique les différentes pratiques spirituelles et artistiques pour bien vivre : méditation, jardins, cérémonie du thé (avec les sept règles édictées par Sen no Rikyû), l’art floral Ikebana et la calligraphie.

Dans Se soigner, ce sont les « thérapies » du quotidien qui sont présentées : les bains, les promenades en forêt, la gymnastique radiophonique, le yoga, l’auto-massage, l’aromathérapie et même la chromothérapie (couleurs).

Enfin, le livre vous donne quelques éléments pour Habiter shizen : maison traditionnelle japonaise, design inspiré de la nature, petits éléments naturels à faire entrer dans la maison (bonsaï, aquarium-paysage, boule de mousse etc.).

N’hésitez pas à le découvrir et à passer un moment apaisant et inspirant à sa lecture …

Portrait d’une passionnée : Marine et les Gotochi Cards

Connaissez-vous les Gotochi Cards ? Ce sont de grandes cartes dessinées représentant des lieux, des plats, des objets d’artisanat de chaque préfecture du Japon. On les trouve dans les bureaux de poste et c’est un souvenir joyeux, coloré et peu encombrant à rapporter. Marine de Let’s Gotochi peut vous les envoyer depuis le Japon (avec un emballage très soigné et des autocollants mignons en cadeau) !

Portrait de cette passionnée qui met le Japon dans des enveloppes …

Pouvez-vous vous présenter, expliquer d’où vient votre amour pour le Japon et depuis combien de temps vous y vivez ?

Bonjour, enchantée ! Je m’appelle Marine, j’ai 28 ans et j’habite à Kôbe depuis 3 ans et demi. J’ai une passion pour le Japon depuis que je suis enfant. J’ai toujours adoré l’écriture japonaise (les kanji en particulier) puis j’ai eu plus d’intérêt à travers les mangas etc.

Comment avez-vous découvert les Gotochi cards ?

Il y a environ de 6 ans, quand j’habitais en France, j’avais une grosse passion pour le « Postcrossing ». Le principe : envoyer des cartes à des inconnus du monde entier, et en recevoir à son tour. C’est une sorte de Penpal à usage unique… ! Et via ce site, j’ai reçu pour la première fois une Gotochi Card du Japon. Quand je suis venue au Japon en 2013 pour un stage, j’en ai acheté dans chaque préfecture que je visitais, et ma collection a vraiment débuté.

Pouvez-vous expliquer à nos lecteurs ce que c’est ?

Une Gotochi Card peut être traduit par « carte postale régionale ». Ces cartes sont éditées et vendues par la Poste japonaise et ne sont pas vendues en magasin, seulement en bureau de Poste. Ces cartes représentent les spécialités régionales de chaque préfecture du Japon (46 préfectures). Autre particularité : on ne peut acheter les cartes que dans certaines régions précises : les cartes de Tokyo ne peuvent pas être achetées ailleurs qu’à Tokyo. Il en va de même pour Osaka, Hiroshima etc… Il faut donc voyager pour acquérir des cartes différentes !

Dans les classements régionaux, avez-vous une région qui vous tient particulièrement à cœur ? Quelle est la région la mieux représentée pour vous dans les Gotochi cards ?

J’habite à Kôbe donc la collection du Hyôgo est celle qui me touche le plus. Mais de manière objective, je pense que la région la mieux représentée est Kyôto : il y a bien sûr des éléments connus (la Maiko-san, la Tour de Kyôto, le château de Ni-jô …) mais aussi Amanohashidate, une ile loin du centre de Kyôto et également le gâteau japonais Yatsuhashi encore méconnus je pense.

Il y a de nombreuses cartes de spécialités culinaires. Avez-vous une spécialité que vous adorez particulièrement et que vous souhaitez faire découvrir aux lecteurs du blog ?

Oui, oui oui !

Grâce aux Gotochi Cards j’ai pu goûter à pas mal de choses, et mon plat préféré est sans doute le hitsumabushi, une anguille grillée posée sur du riz. On peut l’apprécier de plusieurs manières, si bien qu’on divise plat en 4 part :

  • On met le premier quart dans un bol, et on mange tel quel, sans assaisonnement
  • On met le second quart dans le bol et on mélange avec des assaisonnement (wasabi, oignon vert…)
  • On met le troisième quart dans le bol, et on y verse du thé vert ou une petite soupe de dashi. Le riz se gonfle avec l’eau et devient très tendre, c’est délicieux !
  • Le dernier quart se mange de la façon que vous préférez ! Personnellement c’est clairement avec du thé vert !

On peut acheter de quoi faire un hitsumabushi chez soi dans des magasins d’omiyage (de cadeaux).

Il y a aussi de très beaux sites et monuments présentés en Gotochi cards. Avez-vous un site préféré ?

J’aime beaucoup la nature, et je dois dire que la beauté du torii avec le ciel bleu et le bois de Aojima-jinja (à Miyazaki) et la figure imposante de Sakura-jima (à Kagoshima) sont mes préférés ! Il y a beaucoup de cartes qui représentent les cerisiers, mais peu qui montrent l’automne du Japon, j’espère qu’on en aura bientôt !

Et pour les objets artisanaux, un coup de cœur ?

La carte du daruma est adorable, c’est une de mes préférées ! Le sarubobo de Gifu (une petite poupée en forme de singe rouge) et la poterie de Banko en forme de cochon (de Mie) sont aussi adorables !

Qui sont vos clients ? De quels pays commandent-ils ?

Ils viennent surtout d’Europe et des Etats-Unis, mais j’ai de plus en plus de commandes d’Asie également. Ce sont en majorité des femmes entre 25 et 60 ans, bien que quelques hommes aussi commandent des cartes. Il est impossible de dresser un profil particulier car ils sont bien trop différents ! Certaines personnes sont de grands collectionneurs qui ont pour objectif de toutes les obtenir, et dans ce cas il y a des commandes de classeurs de rangement. D’autres achètent les cartes qu’ils trouvent belles, d’autres des cartes des endroits où ils sont allés. Dans tous les cas, c’est toujours un plaisir de préparer ces commandes et d’imaginer ce que les gens vont faire avec leurs cartes… !

Quels sont vos projets ?

Au niveau des cartes, je souhaite en premier lieu finir les traductions de l’envers des cartes en français, puis les faire traduire en anglais.

J’aimerais également que le site serve de ressource pour les gens qui vont voyager au Japon, j’aimerais apporter des informations touristiques des lieux représentés par les cartes, mais aussi conseiller sur les meilleurs restaurants où manger chacune des spécialités locales.

Mes projets sont nombreux, mais cela prend un peu de temps, alors je me laisse quelques années devant moi !

MERCI Marine pour ces réponses passionnantes !

N’hésitez pas à aller faire un tour sur son site, il y a également les très belles cartes « Boîte postale » à découvrir !

Japon Express : le Japon dans l’objectif de Raymond Depardon

Les éditions Points ont eu la très bonne idée de publier un livre de photos du grand Raymond Depardon en format poche, donc à petit prix, mais de grande qualité. C’est l’occasion de découvrir le Japon de Tokyo à Kyoto mais vu par ce photographe hors norme.

Pourtant le Japon ne fait pas partie des pays qu’il photographie souvent. On le voit plutôt traîner ses appareils en Afrique ou en Amérique. Mais savez-vous qu’il a couvert les jeux Olympiques d’été à Tokyo en 1964 puis ceux d’hiver en 1972 à Sapporo ?

L’entretien qui ouvre le livre permet de comprendre son rapport au Japon et c’est passionnant.

« Je fais partie de cette génération à qui l’on a expliqué qu’il était obligatoire de tout savoir sur le Japon avant de faire la moindre photo.
Or, ce n’est pas vrai. On peut s’y rendre sans avoir une grande connaissance de la civilisation et de la culture de ce pays. C’est devenu très facile d’y séjourner, même sans parler le japonais. »

Il en aime les couleurs :

« Le Japon est un enchantement quand on photographie en couleur. Les tons pastel sont uniques et je me régale là-bas ! »

Il évoque aussi ce qu’il a pu voir et sentir : mariages dans les grands hôtels, facilité pour faire des photos de rue, la foule compacte mais la bienveillance. Il aimerait y rester plusieurs mois pour se rendre à la campagne ou dans les îles … On en rêve pour pouvoir les découvrir et les redécouvrir à travers ses photos !

En attendant, le livre est une grande promenade urbaine.

Béton, rails, escalators, escaliers, ponts et passages piétons qui s’entrecroisent.

Ombres et reflets, les humains sont partout : en haut d’une tour pour admirer un coucher de soleil, en costume cravate et en groupe à la sortie des bureaux, en pleine lecture dans une librairie ou jouant avec un smartphone dans un train, en tenue traditionnelle pour visiter Kyoto …

Autant d’instantanés de vie qui passent à la vitesse du shinkansen et laissent dans l’œil du lecteur une empreinte colorée.

On reconnaît ce quelque chose de Depardon, si difficile à définir mais si facile à repérer.

On l’imagine déambulant dans les villes, cherchant un angle, captant une atmosphère.

Même le cimetière semble habité !

La densité et la multiplicité des visages, des silhouettes, des lieux, des petits détails font de ce livre un portrait urbain très complet et fascinant.

Un petit livre pour un grand bonheur visuel !

Un petit guide original pour découvrir Tottori par Hibi no Yorokobi !

Si vous allez sur internet à la recherche de passionnés de Japon, vous êtes probablement tombé sur le charmant blog Hibi no Yorokobi. Cécilia y livre ses récits de voyage sensibles et illustrés de belles photos, ses recettes de cuisine, ses coups de cœur (pour les Gotochi cards et les figurines Fuchiko).

Elle vient de sortir un guide d’une cinquantaine de pages sur la préfecture de Tottori. Elle a pu la découvrir lors de son dernier voyage et nous livre de précieux conseils dans un petit ouvrage coloré et riche en photos. Elle y parle des lieux à visiter, mais aussi des produits locaux à découvrir, artisanat et nourriture. Mais c’est surtout pour ses impressions, son vécu, que ce guide est particulièrement intéressant : une nuit en ryokan, un repas inoubliable, une maison de saké. Les descriptions sont précises, elle met tous les sens à contribution et cela donne une furieuse envie d’aller découvrir cette préfecture, qui évoque souvent pour la plupart des gens juste une dune de sable, mais est bien plus que ça !

Il y en a pour tous les goûts : gastronomes, amoureux de paysages (les photographies de la côte sont superbes), fans de manga (Jirô Taniguchi et son Quartier lointain, Gôshô Aoyama et son Détective Conan, et même Shigeru Mizuki), mordus d’histoire (visite de la résidence Ishitani), ou en quête de spiritualité (temple Sanbutsu-ji).

En plus d’être le livre qu’une amie aurait écrit pour vous raconter son voyage, ce guide est rempli d’informations très concrètes et très précises (adresses, horaires, sites internet, transports et arrêts pour s’y rendre). Des cartes en fin d’ouvrage regroupent les centres d’intérêt décrits au fil des pages et vous permettent ainsi d’organiser votre voyage en fonction de vos coups de cœur.

Vous pouvez vous procurer ce guide via le Tipee de Hibi no Yorokobi. Cela permettra à cette blogueuse talentueuse de continuer à nous faire voyager et rêver !