Préhistocartes, les premiers habitants de la planète : un grand beau livre pour partir à la découverte des dinosaures et autres créatures …

Encore une belle découverte jeunesse que proposent les éditions nobi nobi ! Un livre pour les amoureux des dinosaures, petits ou grands, à mettre sous le sapin et à feuilleter pendant des heures et des heures …

En effet, le livre propose aux lecteurs de partir à la découverte, sur une quarantaine de cartes (grand format, sur double-page), de plus de six cents espèces de dinosaures et autres animaux qui ont peuplé la planète il y a très très longtemps, c’est-à-dire pendant les périodes Paléozoïque (-541 à -252,2 millions d’années) et Mésozoïque (-252,2 à -66 millions d’années) !

L’approche est très originale : De continent en continent, de pays en pays, le lecteur découvre quels animaux ont peuplé telle ou telle région. Les dessins ont le charme des vieilles encyclopédies, des cartes qui ornaient les murs des écoles d’il y a un siècle. C’est charmant ! Mais cela n’en reste pas moins très précis : dessins des animaux très fins et colorés, drapeaux pour indiquer les lieux où des fossiles ont été découverts, frise temporelle permettant de préciser la période à laquelle vivait l’animal (avec un système de pastilles numérotées). Pour chaque carte, un texte explique les spécificités du pays (géologie, évolution dans le temps).

On apprend ainsi pour la France : « Au Mésozoïque, l’ère des dinosaures, la quasi-totalité de la France était immergée, ce qui explique la présence de nombreux fossiles d’animaux marins. Mais les paléontologues ont également trouvé des fossiles de dinosaures vivant sur les îles qui existaient à cette époque. » Et la carte de France montre des mégalodons (requins), des iguanodons, des gastornis (oiseaux de deux mètres de haut), et même des meganeura (libellules mesurant 70 cm !). De quoi émerveiller petits et grands !

Le livre a également un côté interactif grâce à des petits quiz qui permettent à l’enfant d’aller chercher les informations sur la grande double page. Car en plus du texte explicatif général, certains animaux font l’objet de courts textes explicatifs.

En fin d’ouvrage, le lecteur trouvera la réponse aux quiz, mais également un index par animal (petits dessins et renvoi aux différentes pages et donc aux différents pays dans lesquels on pouvait le trouver).

Un très très beau livre au charme ancien, une mine d’informations pour les enfants et les adultes passionnés qui retrouveront une âme d’enfant en le feuilletant !

Le nucléaire en Asie – Fukushima, et après ?

nucleaireDans l’indispensable collection L’Asie immédiate des éditions Picquier, Mathieu Gaulène nous dresse un portrait nucléaire de l’Asie : nucléaire civil et arme nucléaire du Japon à Taïwan en passant par l’Inde ou la Mongolie. C’est très dense, très documenté, ça fait souvent froid dans le dos, mais c’est indispensable pour comprendre ce qui se joue là-bas !

Le livre se découpe donc en deux parties : civil et militaire. Il commence avec le Japon dont l’auteur retrace le parcours nucléaire entre bombe atomique et atome pour la paix, entre méfiance des habitants et propagande du « village nucléaire » (expression chère à l’auteur qui montre bien les connivences qui peuvent exister dans ce milieu très restreint où tout le monde se connaît, se couvre, se congratule, s’offre des postes). La catastrophe de Fukushima nous est racontée dans le détail. Non, elle n’était pas imprévisible, les risques sismiques, la faible hauteur de la digue, les générateurs de secours en sous-sol inondable, l’autorité de contrôle aveugle, l’impunité garantie. Après la catastrophe, les dossiers médicaux des liquidateurs égarés, l’empilement des sous-traitants, la machine à intimider, les comprimés d’iode qu’on ne distribue pas pour ne pas affoler les populations ! C’est glaçant mais ça a le mérite d’être dit. Face à cela, il y a le manque d’union des antinucléaires malgré l’importance des manifestations.

Puis nous voyageons dans d’autres pays : la Corée du Sud avec ses accidents et dissimulations où le mouvement antinucléaire fait entendre sa voix, la Chine qui rêve de devenir un géant du nucléaire civil et d’exporter sa technologie, le Vietnam (dont 44% de l’électricité vient de l’hydraulique, 36 du gaz et 18 du charbon et qui se pose la question du nucléaire), l’Inde entre ambition et résistances, le Pakistan qui fait face à de nombreuses coupures d’électricité, la Mongolie dont AREVA exploite les mines sans trop se soucier de l’environnement et des populations de nomades dont le bétail tombe malade, Taïwan qui veut sortir du nucléaire, la Thaïlande dont la population refuse le nucléaire, les Philippines qui y renoncent car le nucléaire est associé à l’ancienne dictature et le risque sismique est énorme, la Malaisie et l’Indonésie qui disent non, tout comme Singapour, le Bangladesh qui en rêve mais dont les scientifiques expliquent les dangers, le Myanmar où la vigilance est de mise entre civil et militaire.

Concernant les armes nucléaires, si certains estimes qu’elle est un « facteur de paix », d’autres pensent qu’elle pourrait bien détruire l’humanité. Le traité de non prolifération et l’AIEA essaient de « tenir » tout cela … Il y a l’Inde et le Pakistan (avec le Docteur Khan « trafiquant » du nucléaire), la Corée du Nord, la Chine et ses 260 têtes nucléaires (à côté des 7500 russes et des 7260 américaines).

Le livre consacre également de nombreuses pages aux mouvements antinucléaires qui ont toujours existé dans ces pays, mais qui ont trouvé un second souffle après la catastrophe de Fukushima. S’ils arrivent souvent à ralentir ou annuler des projets, ils sont parfois réprimés dans une extrême violence, comme en Inde où un projet d’EPR a fait un mort parmi les manifestants et où le « Ghandi » antinucléaire a été placé sur la liste des « personnes antinationales ».

Entre pessimisme et espoir, l’auteur propose au lecteur de se faire sa propre opinion mais met en avant la puissance de la « machine à faire accepter » le nucléaire, et les intérêts de la France dans cette industrie. L’auteur rêve finalement que cette zone devienne, plutôt qu’un eldorado du nucléaire, un eldorado des énergies renouvelables …

Moyasimon (Il était une fois les microbes) – Masayuki Ishikawa : les microbes sont nos amis

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Voilà un manga qui va vous surprendre, vous instruire et vous faire rire !
Un sujet des plus originaux : les micro-organismes qui peuplent notre quotidien, et un garçon qui a le pouvoir de les voir (sous la forme de petits bonhommes rigolos).

Cela peut paraître très étrange, mais c’est formidablement bien construit et l’on se prend au jeu … Venez les découvrir !

Le héros, Sawaki, est donc un garçon qui entre à l’université agricole de Tokyo, accompagné de Kei, son ami d’enfance (le seul à connaître son pouvoir … au début de l’histoire). Ils font leurs premiers pas dans ce monde étrange où un professeur fait toutes sortes d’expériences autour de la fermentation : phoque qui fermente avec de nombreux oiseaux morts à l’intérieur (mets délicieux ?), fabrication de fromage, de saké. Tout cela n’aura plus de secret pour vous car les pages mêlent explications scientifiques très fines et aventures rocambolesques.

D’autres personnages au caractère bien trempé les accompagnent : Mlle Hasegawa, la disciple du professeur, élève en troisième cycle, savante et parfois méprisante, deux loosers de deuxième année qui tentent de fabriquer du saké de contrebande, et une ravissante jeune fille (qui au début à la phobie des microbes), élève en première année avec Sawaki et Kei.

Sawaki voit les microbes, et cela peut être un atout (que certains voudront exploiter), ou un handicap (quels sont les micro-organismes qui se promènent sur les pieds de Mlle Hasegawa ?). En tous cas, Sawaki ne passe pas inaperçu et les premiers jours d’université qui nous sont racontés dans ce premier volume sont très mouvementés !

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Graphiquement, c’est absolument craquant : les microbes sont dessinés de façon très « kawaii », avec des visages ronds plus ou moins allongés, des petits yeux et une grande bouche, des « coiffures » plus ou moins rigolotes. Ils parlent (« on fermente ! »), même avec Sawaki qui peut les voir et communique avec eux.

Le résultat est à la hauteur de l’originalité : dynamique et érudit ! Un pur bonheur !

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