Princesse Mononoke : un très bel album du film chez Glénat jeunesse

Les éditions Glénat proposent toute une sélection de livres autour des films de Hayao Miyazaki : de magnifiques Art Books pour découvrir les esquisses et toutes les phases de création de chaque film, des Anime Comics, pour plonger dans les différents films façon manga, et enfin les albums des films, qui permettent aux plus jeunes de découvrir tous les paysages et les scènes du film dans un grand format très beau, comme un grand livre d’histoires.

Dans cette collection d’albums existent déjà Mon voisin Totoro et Le voyage de Chihiro. Ce troisième livre est peut-être à réserver aux enfants un peu plus grands car certains passages sont très sombres et plus violents. Mais la puissance de la nature et le combat animaux/humains sont très marquants et permettront d’engager la discussion sur l’écologie avec les enfants et adolescents.

Mais plongeons plutôt dans le livre (à la très belle couverture dure et brillante, et aux pages au papier épais et lisse qui permet un superbe rendu des images !). Les premières pages présentent tous les personnages de l’histoire, humains et animaux. Puis le lecteur pénètre dans une double page de montagnes et de forêts : « Il y a bien longtemps, tout le pays était recouvert de denses forêts où vivaient en paix, depuis la nuit des temps, des divinités ancestrales. Aux confins orientaux de ces terres se trouvait dissimulé un village. C’est là que le peuple des Emishi avait trouvé refuge après avoir été disséminé par le pouvoir impérial des Yamato, il y avait de cela cinq cents ans. Notre histoire commence dans cette petite bourgade. »

On découvre le prince héritier de ce peuple, Ashitaka, contraint de quitter son village car touché par la malédiction d’un démon. Il part à la recherche du dieu-cerf, son seul espoir de guérison. C’est au coeur d’une forêt peuplée d’étranges créatures qu’il rencontre San, une jeune fille élevée par une louve, qui voue une haine féroce aux humains qui s’en prennent à la forêt.

Entre villageois responsables de la destruction de la forêt et San qui la défend corps et âme, Ashitaka se retrouve pris au milieu d’une lutte féroce et tentera d’assurer sa survie, mais aussi celle de cette merveilleuse forêt.

Les pages se tournent à un rythme soutenu, elles donnent la part belle aux images de différents formats qui mettent en avant chaque scène importante, chaque personnage. Les textes qui les accompagnent sont très vivants (description des ambiances, des bruits, des couleurs, des sentiments), avec de nombreux dialogues.

On se plonge dans les superbes paysages forestiers, mais également dans des scènes de combat époustouflantes.

Un véritable plaisir de lecture pour petits et grands fans de Miyazaki !

Narayama – Shichirô FUKAZAWA : la faim et la mort


Cette histoire inventée mais qui semble tellement réaliste a été publiée en 1956 et a tout de suite connu un grand succès au Japon.

Nous découvrons la maison de la souche où vit O Rin, 69 ans et en pleine forme (trop pour les habitants du village qui trouvent étrange qu’elle possède encore toutes ses dents), avec son fils Tappei, veuf et pour qui elle cherche une épouse, et les quatre enfants de celui-ci (de Kesakichi qui a 16 ans à la petite dernière de 3 ans). Sous nos yeux se déroule un quotidien fait de joies (fêtes, récoltes, vie de famille), mais surtout de peines (maladie, mort, et surtout la faim dans cette région montagneuse où les récoltes sont aléatoires). Dans ce village isolé, le riz est un plat de fête ou un plat qu’on offre aux mourants ; un enfant est juste une bouche de plus, de trop, à nourrir. Et celui qui vole de la nourriture doit s’attendre à la pire des punitions. La tradition veut aussi qu’à 70 ans, on parte pour la montagne de Nara en pélerinage. Mais quel est le but de ce voyage ?

O Rin s’y prépare et son entourage également.

Le livre peut surprendre par la simplicité, voir la rudesse dans le quotidien décrit mais aussi dans le ton employé (patois paysan …). Mais cette austérité est adoucie par les chansons qui parsèment le livre et font partie intégrante du quotidien de ces habitants.

« O Rin était assise à côté de Tappei. Il n’y avait pas de doute, l’hiver était un sujet d’inquiétude. La souffrance du passage de l’hiver était chose de chaque année, mais, cette année-ci, outre que le nombre des gens de la famille s’était accru, les enfants avaient grandi. C’est pourquoi ce serait plus dur de s’en sortir que les hivers ordinaires, songeait-elle. Et puis Matsu-yan était particulièrement terrible. O Rin disait à propos de Matsu-yan :
– C’est point pour être la femme à Kesakichi qu’elle est venue. Vu la façon dont é mange, é m’a plutôt l’air d’être venue ici chassée par sa famille. »

J’avais acheté l’édition de l’Imaginaire chez Gallimard, qui joignait au texte le DVD du film palme d’or en 1983. C’est une brillante idée car les deux se complètent admirablement, même si le film ajoute parfois des éléments inutiles (le vent pour symboliser l’esprit du père, et même un frère inventé à Tappei et qui ne pense qu’au sexe). O Rin et Tappei sont dans le film très bien joués et l’esprit de leur personnage est bien traduit. Les paysages filmés sont magnifiques également. On appréciera tout particulièrement l’ascension d’O Rin sur le dos de son fils dans les montagnes escarpées.

ZOOM Japon : une mine d’informations … à lire même sur le web !

Si vous aimez le Japon, vous connaissez le magazine ZOOM Japon …

Pour les provinciaux qui n’ont pas forcément accès à sa version papier (vous pouvez vous abonner), il existe la version web qui est très maniable car on peut zoomer sur les pages et la lecture est donc très agréable.

Avant la sortie du numéro 32, je vous invite à lire le numéro 31 avec un dossier spécial OZU.

Et pour les amateurs de livres, je vous invite à lire l’interview de Keiichirô Hirano, à l’occasion de la sortie d’un livre Impressions du Japon (photos de Lucille Reybor et textes de Keiichirô Hirano), dont je vous parlerai bientôt. Cette interview met en avant son amour de la langue, mais aussi de la France et de sa cuisine ! Et l’on a hâte de trouver la traduction de son roman Sôsô sur Chopin …
Vous découvrirez également une page sur le dernier Keigo Higashino, cet auteur de polar que j’adore (La prophétie de l’abeille).

Côté voyage, plongez au coeur de la belle ville de Kawagoe !

Plus triste, mais toujours nécessaire, un reportage « aux frontières de l’irradiation » … avec des plaqueminiers dont on a arraché l’écorce pour que la radioactivité soit moins forte.