Foire du livre de Brive du 9 au 11 novembre 2012 : Amélie Nothomb et Olivier Adam entre autres …

Si vous passez par Brive entre le 9 et le 11 novembre, je vous invite à aller à la très belle foire du livre présidée cette année par Erik Orsenna, écrivain voyageur.

Vous aurez la chance d’y retrouver mes deux écrivains belgo et franco-japonais préférés : Amélie Nothomb et Olivier Adam.

– Amélie le vendredi 9 novembre à 16h Halle George Brassens
– Olivier le samedi 10 novembre à 16h au théâtre municipal

LIRE a édité à cette occasion un petit numéro spécial Foire du livre de Brive, dans lequel j’ai trouvé quelques mots toujours magiques d’Olivier Adam :

A la question « Si vous étiez un pays étranger ? », il répond : « Le Japon. L’insularité. L’extrême lointain. Un pays portant en lui-même l’hypothèse de sa propre disparition. Et puis toujours, là-bas, la sensation d’un accord. Le coeur régulier. »

Et à celle « Si vous étiez un monument ? » : « Le Daikaku-ji à Kyoto. Un temple planté en bordure d’un étang semé de lotus, cerné de champs et de collines arborées. On s’y lave le cerveau, délivré, disponible, face au soleil tombant. »

Ryoko Sekiguchi en résidence à la Cocotte : bilan de 10 mois qui l’ont « nourrie » !

Si vous êtes parisiens et amateurs de cuisine, peut-être connaissez-vous la Cocotte, rue Paul Bert dans le 11ème arrondissement ? C’est un lieu de « création » culinaire : des livres de cuisine, des objets pour la cuisine décalés et charmants, et des personnes qui viennent cuisiner, parler cuisine, faire goûter leur cuisine … Une très belle idée et un lieu charmant.

Ryoko Sekiguchi a eu le bonheur d’y être en « résidence » pendant 10 mois, qui ont coïncidé avec l’après-11 mars 2011 … et lui ont permis d’avoir des « rapports concrets avec d’autres personnes, dans un lieu concret, autour de ce thème bien concret de la cuisine ». Un retour aux sources, une nécessité en ces moments difficiles.

Elle y a reçu différentes personnalités (éditeurs, écrivains, photographes etc.) autour de la cuisine, et elle en a profité pour traduire des nouvelles « culinaires » du Japon.

Je vous invite à lire ce bilan très beau, très intime, très touchant paru dans la revue Bibliothèque(s) :

http://remue.net/spip.php?article4504

Le Japon d’Amélie Nothomb vendredi 12 octobre à 21h30 sur France 5 !

La très belle collection de portraits « empreintes » consacre une émission de 55 minutes à Amélie Nothomb : « Amélie Nothomb, une vie entre deux eaux ». Vous y verrez Amélie de retour au Japon (où elle n’était pas revenue depuis 1996) avec probablement de grands moments d’émotion !

En attendant cette diffusion, je vous invite à vous plonger dans son Japon :
– Ni d’Eve ni d’Adam, qui complète côté coeur Stupeur et tremblements
– Métaphysique des tubes, sur sa petite enfance japonaise
– Biographie de la faim, où le Japon est le premier pays de sa carte du monde

Je vous joins l’avis de Christine Ferniot de Télérama sur le documentaire :

« A force de la croiser avec ses chapeaux et ses airs de punk germanopratine, Amélie Nothomb est devenue un peu kitsch, agaçante un jour, fascinante le lendemain, mais toujours masquée. Ce documentaire bouscule le mythe pour imposer l’image d’une romancière fragile, qui passe sa vie à reconstituer les conditions de l’enfance. En accompagnant « Amélie-san » au Japon où elle n’était pas revenue depuis 1996, les réalisateurs réussissent à la débarrasser de ses protections. « J’ai longtemps cru que j’étais nippone », dit-elle en retrouvant les rues de sa petite enfance, cherchant en vain sa maison de Kobe, serrant, en pleurs, la nourrice qui s’occupa d’elle jusqu’à ses 5 ans.
De Tokyo à Kyoto ou Soma, dévastée par le tsunami de 2011, elle égrène des souvenirs fleuris mais, surtout, en dit long sur les corsets qu’elle s’est forgés au fil des années pour concentrer dans l’écriture ses excès naturels. Quelques archives rappelant l’ado bravache qui publiait ses premiers textes, un petit tour dans le bureau de son éditeur parisien ou chez ses parents peaufinent ce portrait inédit. Mais on retiendra plutôt l’image de cette grande fille vêtue de noir dans l’école maternelle de Kobe, cherchant son visage de gamine joufflue parmi les vieilles photos de classe. »

Ryoko Sekiguchi était à Nancy : rencontres chaleureuses et entretien sur « Ce n’est pas un hasard »

Ryoko a eu la gentillesse de venir vendredi et samedi à Nancy, pour le plaisir de nombreux lorrains qui ont pu faire sa connaissance. Ils sont venus nombreux pour parler avec elle, découvrir ses ouvrages. Ils ont aussi eu l’occasion de l’écouter lors d’une rencontre au Palais du Gouverneur.

Après une présentation de Ryoko (poétesse, traductrice, ayant découvert Nancy une première fois il y a une vingtaine d’années pour y apprendre le français), la conversation a eu pour objet essentiel le livre que Ryoko a écrit pendant les événements du 11 mars.

Elle a commencé à noter au jour le jour, après avoir découvert la catastrophe sur son écran avec des amis : les noms des victimes qui s’affichent … Une longue liste de morts évoque en France plutôt la guerre, mais au Japon, un adolescent de 15 ans a déjà connu dans sa courte vie au moins deux ou trois catastrophes avec des listes de morts très longues !

Elle n’aurait peut-être pas écrit si elle s’était trouvée au Japon … Elle a eu envie de partir, de partager la douleur avec ses compatriotes. Être en France l’a poussée à prendre des notes, et à compléter ce travail d’introspection par un travail de documentation sur TEPCO et de nombreux autres éléments sur le nucléaire au Japon.

Elle a également beaucoup parlé des clichés qui sont comme « sortis de terre » au moment du tsunami. Les français qui, depuis les années 1990, s’étaient beaucoup rapprochés des japonais en évoluant vers une compréhension mutuelle (littérature, cinéma en attestent) sortaient à nouveau les vieux clichés (la résignation des japonais, les japonais ne pleurent pas etc.). Elle explique cela par le fait que cette catastrophe a été un choc également pour les français, et que les clichés sont comme sortis de terre car tout le monde était « secoué ». Heureusement, cela n’a pas duré !

Elle a évoqué la France comme un pays très épargné (même au niveau européen, quand on pense aux tremblements de terre italiens), alors que le Japon a une histoire qui peut être écrite par les catastrophes, qui déclenchent ensuite des événements politiques. Les catastrophes définissent en partie la mentalité des japonais.

Parler ensuite d’Hiroshima en parallèle avec Fukushima (« malheureusement ça rime ») ne lui paraît pas une bonne chose : Hiroshima a plutôt été utilisée après guerre pour « vendre » ensuite l’énergie atomique « pacifique », Hiroshima a été « manipulée » pour prôner l’installation de centrales nucléaires.

Un an et demi après, force est de constater que le nucléaire fait moins peur, surtout en France … On ne sent plus le danger aussi imminent.
Au Japon, on peut constater une fissure dans la population : une partie dit « c’est comme avant », une autre a très peur, en particulier pour l’alimentation, et manifeste. Et ces deux populations ne se rencontrent malheureusement pas ! Les personnes des autres régions oublient également ceux qui sont obligés de rester dans ces zones dangereuses. Partir ou ne pas partir, cette décision vitale et douloureuse crée aussi des fissures entre ceux qui restent et ceux qui partent (cf la revue Multitudes dont j’ai parlé).
Le « racisme » par rapport aux irradiés d’Hiroshima (lire en particulier Kenzaburo Ôé) se retrouve désormais pour ceux de Fukushima, même si l’échelle n’est pas comparable (mais comme il a été dit lors des échanges avec la salle : « on attend des morts à venir »).

Ryoko revient aussi sur l’aspect « pornographie du désastre », en illustrant son propos par les 400 000 morts du séisme de Kanto en 1923 : des photographies de cadavres sous forme de cartes postales ont à ce moment-là circulé dans tout le Japon, pour prévenir les familles qu’on allait bien, ou pour « dire » ce qu’on avait vu. Le Japon en 1923 n’a pas été « digne et discipliné », il y a eu des massacres de coréens accusés d’empoisonner les puits …

Vient la question de continuer à écrire après un tel événement (question qui a fait l’objet de nombreuses réponses, en particulier dans le recueil L’Archipel des séismes). Un tel événement peut être un véritable choc lorsqu’on débute en écriture, et Ryoko ne sait pas si elle aurait pu continuer à écrire si un tel événement était arrivé au début de sa carrière d’écrivain. Chaque écrivain a eu sa propre réaction face au drame, certains ont eu le besoin presque physique d’écrire tout de suite, d’autres n’ont pas pu écrire pendant six mois, un an …

Aujourd’hui, ce livre apparaît comme une « marque » dans sa vie. Les conséquences du 11 mars sont loin d’être finies. Pour Ryoko, nous sommes toujours après une catastrophe et avant une autre, nous sommes toujours entre deux temps. Et cette façon de penser la temporalité est une des conséquences fortes de la catastrophe sur le travail des écrivains japonais.

Ryoko a aussi « coupé » à sa façon suite à la catastrophe, elle a eu besoin de quelque chose qui la lie à la terre, à la vie concrète, besoin de tactile … Et la nourriture, le « manger » sont venus tout naturellement : L’astringent, Manger fantôme … et pour mars 2013 chez POL, une anthologie de nouvelles du Japon sur la nourriture, on en salive d’avance !!! Et comme elle le dit, on peut parler de tout avec la nourriture, de l’amour, de la mort …

Vivement le printemps prochain, que l’on se délecte de ces nouvelles !

Et encore merci à Ryoko d’être venue en Lorraine !

Olivier Adam lauréat du Prix des libraires de Nancy pour Les lisières !

J’adore les libraires de Nancy, et en plus ils ont eu le même coup de coeur que moi (et beaucoup d’autres personnes, je dois l’avouer !).

Hier, deuxième jour du Livre sur la Place, j’ai eu l’immense plaisir de pouvoir voir et écouter Olivier Adam parler de sa littérature, en compagnie de Marc Dugain et Cécile Guilbert.

Pourquoi écrit-il ? Parce que c’est pour lui la seule manière d’habiter le monde. Il s’est toujours senti en « périphérie », là et pas là. Observer, saisir la face cachée des choses est pour lui une forme de disposition naturelle, une force, une évidence.

Il nous parle également de son amour de la littérature, de la poésie dans un premier temps (ado avec des poèmes dans les poches), au point qu’il a voulu en écrire (j’adorerais lire des poèmes d’Olivier, sûre qu’ils feraient écho à Bashô et d’autres grands du Japon) … puis les romans : il aime beaucoup Carver qui « parle de mes voisins » !

L’écrit, qu’on le produise ou qu’on le lise, permet de décupler notre présence au monde.

Olivier nous explique ensuite qu’il n’écrit pas ce qu’il veut ou peut, mais ce qu’il doit. Une voix pour les personnes sous-représentées, sur lesquelles on ne porte souvent qu’un regard biaisé ou condescendant ! Et Bourdieu n’est pas loin …

Marc Dugain appuie d’ailleurs cela en citant le grand Jim Harrison : il veut « faire parler ceux qui n’ont jamais la parole ».

J’aime aussi la vision d’Olivier qui dit que la socio-analyse complète très bien la psychanalyse … Cette approche pourrait, je pense, aider beaucoup de personnes !

En résumé, les livres d’Olivier Adam, c’est de la sociologie et des sentiments. Certains lui ont reproché d’être trop l’un ou trop l’autre, mais au final, cette « potion » est très efficace et touche beaucoup, beaucoup de lecteurs …

Les lecteurs nombreux ont ensuite pu profiter d’une séance de dédicaces … Et je dois vous avouer que j’admire la patience, la gentillesse des écrivains assis des heures sur leur chaise et voyant défiler le monde …

Merci Olivier !

Amélie Nothomb au Livre sur la Place : pétillante !

Entre deux promenades littéraires, je vous mets un petit message sur le bonheur que ça a été hier de rencontrer Amélie (il y avait un peu de queue comme d’habitude, mais elle est tellement charmante, gentille, attentionnée !) et de l’écouter parler de son dernier livre et de son Japon !

Si vous avez lu Barbe bleue, son dernier roman (très bon, à savourer !), vous aurez peut-être noté cette phrase sur les couleurs :
« La couleur n’est pas le symbole du plaisir, c’est le plaisir ultime. C’est tellement vrai qu’en japonais, « couleur » peut être synonyme d' »amour ». »
Et Amélie d’évoquer Mishima dont une des oeuvres – Les amours interdites – pourrait plus poétiquement s’appeler Les couleurs interdites !

Dans un opéra plein à craquer, Amélie nous raconte qu’elle est retournée en avril au Japon, qu’elle sait encore le parler un peu, mais surtout pour tout ce qui tourne autour de la nourriture, qu’elle ne maîtrise qu’une cinquantaine d’idéogrammes … mais qu’elle a au Japon, où elle est traduite, beaucoup d’admirateurs, malgré Stupeur et tremblements.

Elle nous raconte qu’elle a beaucoup de Japon en elle, et que la noblesse de l’échec, l’échec comme adoubement, est une notion très japonaise dont elle a fait une force. De même que le fait d’oser se jeter à l’eau, le vrai courage lui aussi très japonais.

Enfin elle a recommandé à ses fans la lecture de l’Astringent, de Ryoko Sekiguchi, qu’elle a beaucoup aimé : « Lisez SHIBUI ! » a-t-elle lancé !

Un véritable moment de plaisir pour ses centaines d’admirateurs !

Pierre Gagnaire et Ryoko Sekiguchi : moment de gourmandise au Salon du Livre

En plus du grand choix de livres proposé par la librairie Joseph Gibert au stand Japon du Salon du Livre, j’ai eu la joie de découvrir Ryoko Sekiguchi.

Sourire, joie de vire, cette poétesse et essayiste japonaise installée en France depuis 15 ans est un peu pour moi une Véronique Ovaldé du Japon : très dynamique, rieuse, gourmande !
La rencontre organisée entre cette gourmande de la vie et le chef étoilé Pierre Gagnaire fut un régal.

Ryoko vient de sortir deux essais sur la nourriture chez Argol : L’astringent et Manger fantôme. Elle nous avoue lors de cet échange son amour de la cuisine et son émotion devant un repas (elle a particulièrement apprécié un repas chez Pierre Gagnaire, elle a trouvé de la douceur dans sa cuisine).

Pierre Gagnaire s’est, quant à lui, rendu au Japon à plusieurs reprises, et pour la première fois en 1984. Il avoue ne pas tout comprendre de la culture japonaise, mais avoir trouvé là-bas des partenaires de jeu qui fonctionnent comme lui : très délicats, très soignés, de vraies connexions dans la façon attentive, précise, judicieuse d’amener les différents ingrédients. Il avoue une fascination pour les tempuras. Qu’ils soient créés à partir de feuilles, de légumes, de langoustines, ils sont aériens et montent très haut, comme des nuages. Par contre, s’ils sont blancs au Japon, il les préfère bruns et croustillants !

Ryoko aborde lors de cet échange un thème dont elle a fait un livre : l’astringent. Ce mot n’est pas courant en français mais très utilisé au Japon. Il n’y a d’ailleurs pas la même signification : L’astringent y est défini comme le goût tanin des kakis (fruit national utilisé aussi bien dans les plats salés que sucrés). Pour une personne, il représente le bon goût, le contraire du « bling bling » (mot utilisé par Ryoko qui connaît bien la France !). C’est le côté patiné du cuir … Pierre Gagnaire explique que chez nous ce serait un peu le contraire : plutôt un côté neuf, une saveur d’agrumes, et donc pour une personne le contraire de la définition japonaise : pas une personne agréable ! Mais entre parenthèses, il trouve le kaki séché extraordinaire pour la cuisine !

Je ne transcrirai pas ici l’ensemble du dialogue mais je souhaiterais finir sur la question « si vous étiez transformé en plat, quel serait ce plat ? »

Pierre Gagnaire a répondu l’eau car tout est un peu eau. Il est effaré d’ailleurs par le gaspillage qui en est fait alors qu’elle manque et manquera encore plus dans les années qui viennent !

Ryoko avec un immense sourire a répondu « une tarte tatin » car elle veut être aimée et tout le monde aime la tarte tatin ! Elle aimerait aussi être un plat de Pierre Gagnaire, un peu comme une belle femme indienne ou iranienne dont elle apprécie particulièrement la beauté.

Je n’ai pas encore lu les essais culinaires de Ryoko, mais je ne manquerai pas de vous en faire part lorsque ce sera fait.

Salon du livre de Paris : littérature japonaise à l’honneur

Le salon du livre de Paris, qui se tiendra du 16 au 19 mars 2012, met la littérature japonaise à l’honneur. Une bonne occasion de découvrir de nombreux écrivains japonais connus ou moins connus : romans, mangas, poésie, littérature pour enfants …
A noter la présence de Kenzaburô Oé, prix Nobel de littérature en 1994. Pour les plus jeunes, la présence de Taro Gomi et ses magnifiques cahiers de gribouillages qui boostent la créativité des plus petits !

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