Suzuki HARUNOBU, un poète du féminin : catalogue de l’exposition, régal pour les yeux

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Il ne vous reste plus que ce week-end pour aller admirer l’exposition Harunobu au Musée Guimet à Paris. Mais pour ceux qui n’auraient pas cette chance, il y a toujours le petit catalogue de l’exposition avec une explication brillante d’Hélène Bayou, conservateur en chef au Musée Guimet. Elle ne nous retrace pas vraiment la vie d’Harunobu (1725-1770), dont on sait finalement peu de choses, mais plutôt son rôle dans l’évolution de l’estampe japonaise.

S’il est pour nous moins connu que d’autres (Hokusai, Hiroshige), Harunobu a eu un rôle fondamental dans l’apparition du nishiki-e, ces estampes colorées qui évoquent le chatoiement des étoffes multicolores, tissées à l’époque à Kyôto dans le quartier de Nishiki. C’est à lui que nous devons le passage d’un nombre limité de couleurs à un nombre quasiment illimité, tournant qu’il opéra dans les années 1760 jusqu’à sa mort en 1770.

Cette riche introduction laisse ensuite la place aux oeuvres : images de calendriers créées pour le nouvel an lunaire de 1765, illustrations d’anthologies poétiques. C’est surtout dans ses représentations de la femme qu’Harunobu excelle. Elle est peinte dans son quotidien parfois le plus simple (La lessive sous le cerisier en fleur, Jeune femme penchée allumant une lampe), ou le plus poétique (La cascade de Nuno Biki, Beauté prenant le frais au bord d’une rivière).

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On ne se lasse pas d’admirer la diversité des motifs des kimonos (géométriques, fleuris), les petites parties des corps qui sont à peine montrées (un bout de pied, une main fine et blanche), et les décors épurés où les végétaux se dessinent en toute légèreté.

Un plaisir pour les yeux, une pause hors du temps au pays de la couleur …

Lectures d’été et bonnes surprises à la rentrée !

A ceux qui profitent de quelques jours de vacances ou à ceux qui restent, j’avais envie de souhaiter de belles lectures japonaises. Si vous avez besoin de conseils, ce blog est pour vous, et si vous voulez un choix tout prêt, j’ai préparé une petite valise pour journaldujapon.com (cliquer sur l’image).

Valise littéraire JDJ

Si vous êtes de passage à Paris, n’hésitez pas à aller voir l’exposition Harunobu au Musée Guimet jusqu’au 22 septembre.

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Sinon la rentrée artistique s’annonce japonaise :

– côté livre, j’attends avec impatience le prochain Ito OGAWA (après l’énorme succès du restaurant de l’amour retrouvé) : le Ruban sortira début septembre chez Picquier. Ruban est un petit oiseau que l’on va suivre de l’oeuf jusqu’à un âge avancé.

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– côté expositions, il y a la grande exposition Hokusai au Grand Palais d’octobre 2014 à janvier 2015 : à voir absolument car ensuite il vous faudra vous rendre à l’Institut Hokusai qui ouvrira ses portes à Tokyo au printemps 2015 !

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– Il y aura aussi pour les fans du studio Ghibli une exposition au musée des arts ludiques d’octobre 2014 à mars 2015.

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N’hésitez pas à ajouter vos coups de coeur et attentes en commentaire !

Hiroshima Safari : Yann le conteur

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De retour du Japon, j’avais envie de commencer mon récit de voyage par une rencontre : celle de Yann, « l’oeil du tako », le photographe-guide des Hiroshima-Safaris.

Les photos de Yann avaient tout de suite accroché mon regard sur le net et nous avions commencé à échanger par mail bien avant de nous voir « en vrai ». Sens du détail, sensibilité, poésie, il y avait tout cela dans ses photos.

Aller au Japon, projet dont je rêvais depuis des années (dizaines d’années !) ne pouvait donc pas se concevoir sans aller voir Hiroshima. Je sais, certains se diront « pourquoi aller à Hiroshima, il n’y a pas grand chose à voir …. ». Erreur. J’ai passé 10 jours à Kyôto et seulement trois jours à Hiroshima, mais je garde de cette dernière un souvenir très vif. Ce sont deux villes très différentes, mais Hiroshima est très attachante.

Le premier jour, après un voyage en shinkansen (ekiben, paysages qui défilent), nous arrivons donc à Hiroshima et décidons (mon mari qui aime la photo, mon fils de 9 ans et moi) de partir marcher dans les rues de cette ville. Il fait beau, de vieux tramways passent dans la rue principale, nous marchons dans les petites rues et les artères commerçantes, et nous arrivons aux jardins qui entourent le Dôme. Mon fils, qui connaît quelques bribes de l’Histoire, est très ému par ce monument emblématique, et également par la statue de Sadako et toutes ces grues en origami envoyées des quatre coins de la planète.

Les deux jours suivants étaient donc consacrés au safari avec Yann : Miyajima et Hiroshima.

Ce dont je veux vous parler, c’est de l’Hiroshima de Yann, celle qui n’est pas dans les guides, celle qui est faite de petits quartiers, de vieilles dames souriantes, d’écoles où le souvenir de la bombe se voit encore sur les murs, et de cascades dans la montagne !

Yann, c’est une connaissance et un amour inconditionnel pour cette ville et ses habitants qu’il salue et avec lesquels il parle dans un japonais approximatif très touchant. Avec lui vous pourrez admirer le travail de potiers, déguster les gâteaux confectionnés par d’adorables petites bonnes femmes (madeleines aux citrons de la région, Daifuku à l’orange d’Hiroshima).

Vous croiserez des enfants sur des lieux de mémoire beaucoup moins connus et fréquentés que le Dôme, vous apprendrez des anciens qui veulent transmettre la mémoire de cette ville.

Vous irez également dans des petits restos très sympas pour déguster des spécialités à tomber …

Et je ne parle pas de tous les conseils photo, les sites choisis pour les vues originales, les anecdotes pour grands et petits (mon fils a beaucoup appris de Yann qui sait se mettre à la portée des enfants).

Je ferai peut-être hurler les amoureux de Kyôto (je vous rassure, j’adore cette ville dont en 10 jours j’ai l’impression de n’avoir presque rien vu) : j’ai vu sur les hauteurs d’Hiroshima un véritable paradis, le Mitaki dera et ses cascades, ses sculptures à foison. Un paradis pour photographes, botanistes, entomologistes … Nous y avons même croisé un serpent prenant le frais dans une cascade (une vieille dame nous a dit qu’il était inoffensif et qu’elle en attrapait quand elle était enfant … merci Yann pour la traduction). Nous y aurions volontiers passé la journée tant ce site est enchanteur, magique, hors du temps ! Nous y retournerons, c’est sûr !

Et puis il y a Miyajima (Istukushima), son torii, ses daims (beaucoup moins gras et collants qu’à Nara et que mon fils a appris à nourrir avec des feuilles de cerisiers qu’ils adorent – là encore grâce à Yann qui adore « embrasser » les daims … allez-y vous comprendrez). Mais c’est surtout un petit village comparable à un village de Provence, où tout le monde se connaît, où Yann a ses habitudes et ses amis : un artiste, un restaurateur, et un jardinier (4ème d’une belle lignée de jardiniers) qui modèle un pin avec une connaissance et une passion très émouvante. Vous irez par les petites rues, découvrirez des puits, des lézards à queue bleue, des points de vue que Yann seul connaît et vous régalerez d’anguille.

En deux jours avec Yann, nous en avons pris plein les yeux, nous avons également appris beaucoup, et surtout nous avons « senti » cette région magnifique, trop souvent oubliée des guides.

Un petit conseil : prévoyez de bonnes chaussures de marche, on ne compte pas les kilomètres avec Yann, mais quel bonheur de marcher le long des rivières, dans la montagne, dans les ruelles !

 

Bonne année 2014 à vous qui me lisez !

2014(AFP/Kazuhiro Nogi)

Je vous souhaite une très belle année 2014 riche en lectures japonaises, en découvertes, émerveillements !

Poésie, romans, nouvelles, mangas, j’espère partager avec vous de beaux ouvrages en cette nouvelle année qui sera aussi celle de mon premier voyage au Japon. Des livres à la réalité !

Belle année de lectures, de voyages, de rencontres !

Magazine LIRE décembre 2013 / janvier 2014 : du Japon !

liredec2013

Joie de découvrir dans mon magazine LIRE arrivé au courrier ce matin, en plus des « 20 meilleurs livres de l’année », différents articles donnant envie d’offrir ou de s’offrir des livres sur le Japon :
– au rayon Voyages : Japan Book, un carnet de voyage nippon à la mise en page originale

japanbook

– au rayon Cuisine : Japon, la cuisine à la ferme, un très beau livre chez Picquier : le Japon méconnu des fermes aux techniques culinaires ancestrales

japoncuisneferme

– et dans la catégorie Romans étrangers, le dernier ouvrage de Kenzaburô Ôé : Adieu, mon livre !

adieumonlivre

Anim’Est à Nancy : beaucoup de monde, mais très sympa !

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Cette convention sur la culture japonaise du Grand Est fête ses 10 ans ce week-end et c’est déjà un très gros succès … rien qu’à voir la queue qu’il y avait ce matin, même à 10h30 quand je suis arrivée !
On y voit beaucoup de cosplayers et c’est très gai et très coloré.
Si manga, anime et cosplay attirent beaucoup, c’est aussi l’occasion de découvrir des côtés plus classiques de la culture japonaise.
Ainsi ai-je pu aujourd’hui assister à des présentations très chouettes :
– Issekinicho (Delphine et Alexandre que je ne vous présente plus !) : une présentation très vivante (avec les dessins toujours très drôles de leur blog) sur leur vie au Japon, beaucoup d’informations précieuses sur comment se loger, manger, voyager … à la fois pratiques et ludiques

Issekinicho

– a suivi une présentation illustrée par des combats du Nippon Kempo, cet art martial japonais créé en 1932 par Maître Sawayama : une discipline fascinante qui regroupe des gestes du karaté, de la boxe, du judo. Elle se pratique avec un casque et une cuirasse qui permet de se protéger et en fait un sport très sécurisé.
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– puis un exposé sur les samouraïs très complet à la fois sur qui étaient les samouraïs, mais aussi de magnifiques photographies d’armures et d’armes par un passionné !

Et quel plaisir de pouvoir discuter avec Delphine et Alexandre qui ont un stand où vous pourrez vous procurer leurs livres et vous les faire dédicacer (de superbes chats et de beaux oiseaux dans les fleurs de cerisier !) … N’hésitez pas, ils seront encore là demain dimanche et parleront de leur très belle maison d’édition dans l’amphi Sekiryû à 15h !

Week-end japonais à Nancy samedi 28 et dimanche 29 septembre

Si vous passez par Nancy le week-end prochain, rendez-vous à l’Hôtel de Ville de Nancy pour fêter les 40 ans du jumelage entre les villes de Nancy et de Kanazawa.

De nombreux rendez-vous sont programmés sur ces deux journées :
expositions d’ikebana, de calligraphies, ateliers gratuits pour petits et grands, stands d’information, stands de vente etc.

Pour le programme, cliquez sur l’affiche !

Amélie était à Nancy !

Le Livre sur la Place a commencé et Amélie était comme d’habitude fidèle au rendez-vous. Si vous voulez l’écouter parler de son Japon, vous pouvez podcaster « On va tous y passer ! » : L’opéra de Nancy était plein et on a bien ri … Ensuite il y a eu l’inauguration du salon, un petit entretien et les dédicaces : sourires et bonne humeur.

Et ça continue tout le week-end : Claudie Gallay, Véronique Ovaldé, Chantal Thomas, Thomas B. Reverdy et bien d’autres.

Dans le nouveau Wasabi : un article de Ryoko Sekiguchi sur les tempuras … on salive !

Dans le toujours excellent magazine Wasabi sur le boire et le manger au Japon, vous trouverez un très bel article de Ryoko Sekiguchi sur les tempuras.
Arrivés au XVIème siècle avec les portugais, ce « fish and chips » de l’ère d’edo très pratique à manger dans la rue a connu parallèlement un développement de sa version de luxe (daurade, huîtres, fougère, racines de lotus etc.). La version streetfood et la version luxe coexistent encore aujourd’hui.
Certains y voient un « beignet japonais », mais c’est beaucoup plus complexe que cela : très difficile à réaliser, il doit être très léger, pas huileux !
Les tempuras maison font partie de ces plats que l’on prépare et que l’on déguste en famille, un souvenir familial très fort. Chacun a sa recette maison et il existe des farines prêtes à l’emploi et des égouttoirs spécifiques. (C’est aussi malheureusement la première cause d’incendie domestique au Japon !)
Ryoko nous liste ensuite les différents types de tempuras : Shôjin-age (de légumes), kakiage (petit disque de coquillages, petites crevettes, herbes). Sur du riz et arrosé de sauce chaude, il devient Tendon. Il existe également des tempura-soba. Dans l’ouest et le sud du Japon, les satsuma-age sont des pâtés de poisson frits. A Okinawa, il est un snack à consommer rapidement dans la rue, et il y a même une version sucrée.
Suivent ensuite des conseils très pratiques pour vous lancer dans la préparation !
Et enfin des adresses au Japon (Tokyo et Osaka) et à Paris.

Bon appétit !

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