La terre est une marmite de Ryoko Sekiguchi : mets et mots pour petits gourmands

Gilberte Tsaï organise depuis plusieurs années des petites conférences destinées aux enfants de plus de dix ans. Le but est d’éclairer, d’éveiller, sur des sujets aussi divers que l’infini, la poésie, l’émotion, les arbres, les odeurs, la couleur du ciel etc. La personnalité qui intervient doit se mettre à hauteur d’enfant et expliquer simplement mais pas de façon simpliste le sujet qui la passionne.

Ryoko Sekiguchi s’est brillamment prêtée au jeu et, grâce à la publication des textes de ces conférences dans de très beaux receuils par les éditions Bayard, le lecteur jeune ou moins jeune qui n’a pas eu la chance d’y assister peut déguster les mots qu’elle a dits pour parler cuisine, goût, et bien plus encore !

Comme à son habitude, en parlant de goûts et de mets, elle abord bien d’autres sujets. Le jeune lecteur se prend vite au jeu et se pose mille questions.

Elle se présente d’abord comme un écrivain, à savoir quelqu’un qui pose des questions. Entre un grand-père éditeur et une mère qui dirige une école de cuisine, Ryoko a très vite étudié et mêlé les deux. Les plats ont des noms, les recettes de cuisine sont des textes. Jusque là tout va bien … mais comment mettre ce que l’on ressent par les cinq sens sous forme de mots ? Un goût est toujours personnel et rempli d’émotion, mais pas facile de dire quel goût a une courgette ou un gâteau au chocolat (on est vite limité pour le décrire : amer, sucré, herbeux …) ? Et que dire des plats étrangers que l’on découvre et dont la saveur ne nous rappelle rien de connu ? (J’ai fait cette étrange expérience la première fois que j’ai bu du saké : à quoi se raccrocher, aucune boisson, alcoolisée ou non, ne me venait à l’esprit pour définir, identifier, expliquer ce goût … j’étais peut-être plus à l’aise pour trouver des senteurs à ce breuvage, mais en bouche c’était juste troublant). Pour Ryoko, c’était l’huile d’olive qu’elle n’a pas aimé la première fois qu’elle l’a sentie à treize ans, « une odeur de crayon » !

Tout au long de la conférence, elle questionne les enfants, stimule leur curiosité, les invite à s’ouvrir aux cuisines comme à des langues d’autres pays. Ne pas juger avec son palais déjà formé voire formaté, mais apprendre. Créer son propre territoire du goût, se libérer de son cadre familial, sentir, toucher, croquer … Car manger c’est être en échange, avec les autres, avec son environnement. C’est découvrir en permanence. D’ailleurs quel goût aura un plat du futur que nous n’avons jamais mangé ? Peut-on manger les nuages ?

Une invitation à la découverte, à la rencontre, au partage ! Un livre à lire en famille pour échanger, discuter … et ensuite aller goûter le monde !

Auteur : lirelejapon

Passionnée par le Japon et sa littérature, j'essaie à travers ce blog de vous transmettre cette passion et de vous livrer mes impressions de lecture.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s