Les délices de Tokyo de Durian Sukegawa : sucré et tendre …

Si vous cherchez un livre mêlant poésie, douceur, partage, gourmandise … et bien d’autres mots qui font du bien, celui-ci est fait pour vous. Et si vous avez vu le film et vous demandez si le livre mérite la lecture, là encore, foncez !

J’avais vu le superbe film de Naomi Kawase (avec la formidable regrettée Kiki Kirin), j’avais été très émue, mais je ne m’étais pas plongée dans le livre, préférant garder mes émotions intactes. Puis il y a quelques semaines, une amie m’a offert le livre et je me suis dit « pourquoi pas ? ». J’avais « digéré » le film et j’estimais que je pouvais désormais me lancer dans la lecture. Et j’ai été enchantée ! Toute la poésie, la finesse, la délicatesse, la lumière de Naomi Kawase se retrouvent dans les mots de Durian Sukegawa. On s’attache avec autant de plaisir à Sentarô, qui fait ses dorayaki  dans son tout petit commerce, suant sur sa plaque, utilisant de la pâte de haricots industrielle, prenant peu de plaisir à son travail, essayant juste de rembourser une dette (dont on comprend l’origine petit à petit, au fil de la lecture). Et on est touché par la « petite » Tokue, une vieille dame qui sait « écouter la voix des haricots » et débarque pour aider Sentarô dans son entreprise. Elle travaille beaucoup, sa pâte est délicieuse, les clients sont ravis, les lycéennes (qui y ont leurs habitudes) adorent ! Mais Tokue a un secret, une maladie qui a déformé ses mains … Comment réagiront Sentarô, Wakama, la jeune lycéenne curieuse et attachante, la propriétaire (qui surveille les comptes et écoute tout ce qui se dit dans le quartier), et les clients de la boutique ?

Tout en délicatesse, l’auteur peint deux univers qui se rencontrent, deux personnes qui apprennent à se connaître : Sentarô qui a fait de la prison, boit trop et garde des blessures familiales ouvertes, Tokue qui a vécu des choses très dures pendant une très grande partie de sa vie. Au fil des jours, des saisons, des cerisiers qui fleurissent, verdissent, perdent leurs feuilles, c’est la vie qui défile, entre passé, présent … et futur ?

Un livre très touchant, qui ravira les gourmands par ses descriptions tellement fines de la fabrication de la pâte de haricots rouges, mais qui pose aussi beaucoup de questions sur l’exclusion, l’intégration, la gestion des maladies contagieuses, mais surtout la réintégration des personnes touchées une fois le risque passé … Et il y a du travail à faire dans ce domaine !

Resteront le chant d’un canari, le goût d’un dorayaki et le vol des pétales de cerisier …

Auteur : lirelejapon

Passionnée par le Japon et sa littérature, j'essaie à travers ce blog de vous transmettre cette passion et de vous livrer mes impressions de lecture.

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